Smile my cancer

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Rencontre avec Magalie alias « Smile my cancer » qui évoque pour Chaîne Rose son vécu.

 

Comment avez-vous découvert que vous aviez un cancer du sein ?

 

Je crois qu’on se souvient toutes de ce moment-là, effectivement.

C’était un dimanche soir, je regardais un film avec mon mari et ma fille. Je me suis bêtement grattée le sein et j’ai senti une boule. Je n’ai pas paniqué mais je tenais à vérifier. Dès le lendemain, j’ai appelé mon gynécologue qui m’a proposé un rendez-vous dans la foulée. À la palpation, il a senti 2 masses. Je me souviens m’être faite la réflexion que je ne savais pas me palper les seins et qu’il faudrait que j’apprenne. On entend partout qu’il faut s’auto-palper mais personne ne nous apprend vraiment les bons gestes.

 

S’en est suivi une échographie et une mammographie dont les résultats étaient bons : 5 nodules trouvés mais d’apparences saines. De retour chez mon gynécologue, j’ai insisté lourdement pour faire une ponction. Le fait qu’il y avait 5 nodules m’inquiétait, je voulais être sûre.

Comment avez-vous vécu l’annonce ?

 

C’est le 28 février 2017 que le résultat est tombé. J’étais à nouveau de retour dans le bureau de mon gynécologue pour les résultats de la ponction. Je me souviens qu’il était beaucoup moins à l’aise que moi, sans doute dans la peur de ma réaction. Mais je suis restée stoïque. Je ne l’explique pas, mais je savais au fond de moi qu’il s’agissait d’un cancer… Il a prononcé le mot « carcinome » et je lui ai demandé « c’est un cancer du sein quoi ? ». Il m’avait déjà pris rendez-vous avec un chirurgien du service Sénologie à Strasbourg en me précisant que j’en saurais plus à ce moment-là. J’avais peur et j’avais un million de questions, mais je suis restée bien dans mes baskets.

 

Il était hors de question, dès le départ, que je laisse ce cancer prendre le dessus sur ma vie.

 

Je savais qu’il allait me prendre un sein, qu’il allait sans doute me mettre un genou à terre pendant quelques temps, mais je me suis promise, dès l’annonce, de ne jamais baisser les bras !

 

Quelle a été votre réaction et celle de votre entourage ?

 

L’annonce aux proches a été une des choses les plus difficiles. Ça a été, à chaque fois, très émouvant de dire « j’ai un cancer du sein ». Mon mari, ma maman, ma famille et mes amis proches, tout le monde a bien réagi. Ils étaient tous choqués mais ont tous été optimistes et encourageants.

 

Le plus délicat a été d’en parler à ma fille de 6 ans. Avec mon mari, nous ne voulions pas la laisser à l’écart mais nous ne voulions pas non plus qu’elle s’inquiète. Il fallait trouver les bons mots pour répondre à ses questions. Nous n’avons jamais parlé de « maladie » par exemple, mais d’un « bobo dans le sein ». Aujourd’hui je suis contente de voir qu’elle traverse tout ça sereinement. Le plus dur a été de me voir la tête rasée mais au final elle adore mes bébés cheveux !

 

Quelles phases avez-vous traversées ?

 

Mon cancer étant très virulent et d’un grade avancé, la décision a été prise de commencer par une mastectomie. J’ai donc été opérée le 31 mars. La chimiothérapie a débuté le 22 mai et début novembre, j’attaque la radiothérapie. Je pense pouvoir dire que je traverse l’ouragan cancer avec détermination. J’ai peur, certes, mais je n’ai jamais ressenti de colère, je n’ai jamais été dans le déni. Je ne me suis jamais demandé « pourquoi moi ? ». J’ai très vite accepté la maladie comme une épreuve dans ma vie. Un sacré combat à mener contre soi-même ! Ce n’est pas facile tous les jours mais je suis bien entourée.

 

Avant votre cancer étiez-vous sur Instagram ?

 

J’ai, depuis quelques années, un compte Instagram plus personnel. Je trouve que la photo est un beau moyen d’expression et de partages.

 

Pourquoi avoir choisi ce réseau pour vous exprimer sur votre vécu, votre quotidien pendant le cancer ?

 

Instagram est mon réseau social préféré. C’est donc tout naturellement que j’ai ouvert un compte dédié au cancer, même si j’y partage beaucoup de choses personnelles.

 

Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

 

J’y ai trouvé une superbe « Kommunauté » (le K comme diminutif du cancer). Pour la plupart ce sont des femmes, elles-mêmes touchées par le cancer ou dont un proche est concerné par la maladie. Personne ne peut comprendre et soutenir comme quelqu’un qui a traversé les mêmes épreuves. Je trouve auprès d’elles conseils, bonne humeur, encouragements, réconfort. Mes proches sont indispensables à mon combat mais ces femmes sont devenues un soutien essentiel ! Je ne les remercierai jamais assez pour ça !

 

Nous avons remarqué qu’aujourd’hui vous semblez plus apaisée, qu’est-ce qui vous a fait passer de votre pseudo « Fuck my cancer » à « Smile my cancer » ?

 

Quand j’ai ouvert mon compte Instagram, j’étais comme un boxeur s’apprêtant à monter sur le ring. J’allais affronter un adversaire coriace et j’avais la rage au ventre. J’ai toujours cette détermination à l’exterminer définitivement mais la maladie, la peur de mourir, m’ont fait revoir mes priorités dans ma vie et relativiser beaucoup de choses. C’est vrai qu’aujourd’hui je suis plus sereine, je ris plus aussi. J’essaie de profiter de chaque instant et de savourer ma vie au mieux, j’ai plus conscience du moment présent. Dans l’ensemble, je suis plus heureuse qu’avant la maladie. Le « smile » était donc devenu plus approprié dans mon pseudo.

 

Que faites-vous au quotidien pour mieux vivre la maladie ?

 

Les conséquences physiques et émotionnelles de la maladie et des traitements sont nombreux, c’est un véritable tsunami. Mais je prends soin de moi au maximum : j’écoute les besoins de mon corps, de mon cœur et de ma tête. J’essaie de manger plus sainement et de me mettre au sport, ce qui n’est pas évident pour moi qui n’en a jamais fait.

Pour les effets secondaires, j’ai l’aide d’un merveilleux homéopathe spécialisé en soins oncologiques de support. Il est très à l’écoute, a toujours de bons conseils et ça m’apporte beaucoup.

 

Que diriez-vous à toutes les contributrices de Chaîne Rose qui vous lisent ?

 

J’aimerai leur dire de prendre soin d’elles à tout point de vue. Et de prendre soin de leurs seins ! 1 femme sur 8 environ sera touchée par le cancer du sein au cours de sa vie. Plus la maladie est diagnostiquée tôt, plus les chances de guérison sont grandes. Car oui, aujourd’hui on peut guérir du cancer. Il est important de s’auto-palper une fois par mois. Au moindre doute, à la moindre question, foncez consulter un médecin ! La vie est bien trop belle, il faut en prendre soin !

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