Cancer de l’utérus à 23 ans

Tout a commencé quand j’avais 15 ans.


Après de longues années à me dire que j’étais folle, que les douleurs étaient dans ma tête, que j’étais douillette, que je ne supportais pas la douleur.
Que je faisais des fibromes à répétition et qu’aucun suivi n’était fait. Après des aller-retours aux urgences qui n’en finissaient pas, en 2020, tout a basculé.


En Mars 2020, direction les urgences pour des douleurs à l’estomac, la morphine n’a rien fait, les examens n’ont rien montré de particulier, à part des taches localisées dans l’abdomen. A peine sortie de l’hôpital, le lendemain retour aux urgences mais cette fois c’est bien pire. J’ai des douleurs abdominales je suis pliée en 2, impossible de marcher, je hurle je crie je pleure tellement ça me fait mal.


Hospitalisation 1 semaine avec pompe de morphine qui ne fait pratiquement rien, des examens plus douloureux les uns que les autres sans trop savoir ce qui m’arrive. En plus de ça je suis seule car période covid visite interdite. Il finissent par en déduire que ce sont des fibromes qui ont migré dans l’abdomen et qui se nécrosent, voilà d’où viennent les douleurs. Je peux enfin rentrer chez moi, avec bien sur un test pcr positif pour bien finir ma semaine d’hospitalisation.


Juillet 2020, retour aux urgences avec les mêmes douleurs, mais cette fois on me croit cette fois le médecin me prend au sérieux et à partir de là tout va changer. Il me garde en observation et décide de me faire plusieurs examen, eco, scan, fibro ( merci le produit de 3 litres à vomir).


Le diagnostic est tombé : léiomyomatose. Il faut opérer en urgence pour retirer les masses.


Il m’explique qu’il y en a plusieurs dans mon abdomen un peu partout et certaines sont collées aux organes, il m’explique qu’il y a des choses qui sont sûres et d’autres moins sûres, il en saura plus une fois qu’il aura ouvert. Et là les informations se mettent à tomber, il y en a une sur l’ovaire je vais peut être devoir retirer l’ovaire et puis une à cotée de l’intestin, peut être que je vais devoir en couper un peu, j’ai l’impression que mon monde s’écroule. Il m’explique qu’en général c’est bénin que dans seulement 1% des cas c’est un cancer, donc pour l’instant on ne va pas plus loin sur ce sujet.


7 août 2020, c’est l’heure d’aller au bloc.
Dès mon réveil le médecin vient me voir et il m’explique qu’il a réussi à retirer toutes les masses sans retirer aucun organe, l’opération s’est très bien passée, le réveil aussi. Maintenant reste plus qu’à attendre les résultats de la biopsie. 8 septembre 2020, 1 mois après les résultats sont arrivés.


Personne, même pas les médecins ne s’attendait à ça, c’est bien un cancer, à 23 ans on m’annonce alors que j’ai un cancer de l’utérus, un cancer qui en général touche les femmes d’une 50aine d’années et pourtant je n’avais que 23 ans…

Pas le temps de digérer la nouvelle du cancer, que le médecin enchaîne, alors c’est un cas très très rare et dans votre cas un cancer très agressif.
Il y a 2 solutions, la 1ere c’est uniquement de la chimio mais la seconde serait hystérectomie complète de l’utérus + de la chimio.

Il m’explique bien qu’il n’est pas pour hystérectomie, mais que si c’est pour ma survie il sera obligé.


Donc là je me dis, que je dois choisir entre ma survie, ou mon envie d’avoir des enfants, même si au fond il n’y avait aucun choix à faire. Pour être sûr on a fait un TEP SCAN l’utérus est bien malade impossible de faire autrement l’opération est prévue.


17 septembre 2020, seulement 1 mois après ma première opération je suis déjà de retour au bloc, là moralement c’était insoutenable et physiquement mon corps n’a pas assumé cette 2eme opération. Mon corps n’avais pas eu le temps de récupérer. Le réveil pour cette 2eme opération fut très compliqué, je suis restée 5 jours au soins intensifs.


1 mois après je commençais ma première chimio, qui a était extrêmement douloureuse et extrêmement compliquée + période covid donc isolement oblige, les visites interdites, je me retrouve donc toute seule pendant 3 jours de chimio consécutifs à chaque fois. Moralement c’était très très dur pour moi d’être seule.

En décembre 2020 je termine enfin ma dernière chimio pour mon plus grand bonheur et celui de mon entourage.


Aujourd’hui j’ai 24 ans, je ne pourrai jamais avoir d’enfant biologique, je subis une ménopause précoce, j’ai de nombreuses cicatrices sur le corps, de nombreuses cicatrices bien plus profondes, je suis encore épuisée de l’année qui a précédée, je me pose encore énormément de questions.


Mais je suis là plus heureuse actuellement, cette épreuve m’a fait grandir plus vite que je devrais, mais c’est mon histoire c’est mon combat et je suis fière aujourd’hui de pouvoir dire que j’ai survécu, mes derniers scan et mes dernières prises de sang étaient très bien.


Je suis entourée de personnes extraordinaires, le personnel a été juste incroyable au vu de mon âge et de mon histoire.


Voilà c’est un combat de tous les jours et c’est mon combat je ne connais que le début de l’histoire pour l’instant mais je continuerai à me battre jusqu’à la fin, je continuerai à garder la tête hors de l’eau tant que ma famille et mes amis marcheront à mes cotés pour mon combat. C’est pour eux, c’est pour moi et pour tous ceux qui aujourd’hui comme demain, vivront le même combat.

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  1. Beaucoup de soutient à votre égard pour le combat que vous avez mené avec courage et seule du fait du covid bravo à vous j espère que vous irez de mieux en mieux amicalement

  2. Merci pour votre témoignage, votre cas est rare et on voit bien que les médecins ont mis du temps à faire les examens nécessaires pour vous soigner.
    Vous avez traversé des épreuves très difficiles, aujourd’hui je vous souhaite de profiter pleinement de cette nouvelle vie qui s’ouvre à vous (il y a l’avant et l’après). Prenez soin de vous.

  3. Bonjour
    Merci d’avoir temoigné
    Je viens d’avoir 35 ans
    Et depuis un peu plus de 3 ans menaupose précoce et tout ce que ça implique donc… 😑
    Je le vis très très mal
    Et après ce temps là je ne m’en remets tjrs pas.
    Si jamais tu veux échanger d’avantage ça sera avec plaisir.
    Je trouve peu de personnes dans notre cas et tant mieux pour elles mais peu de personnes arrivent à mesurer la douleur ressentie par rapport à ce qu’on vit.

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