Cancer du col à 32 ans


J’ai actuellement 35 ans, il y a 4 ans en octobre, suite à des saignements pendants des rapports intimes, j’ai consulté ma gynécologue, qui m’a diagnostiqué la présence de tumeur de haut grade, c’est le seul terme dont je me souvienne. La conisation du col fut impossible car la tumeur avait dépassé la taille limite.


Choc terrible dans son bureau au moment de m’annoncer ça.


Suite à ça j’ai dû subir une biopsie pour bien confirmer le tout, ça me laissera 4 cicatrices sur le ventre, mais au final je m’y suis faite, c’est vraiment le moins pire dans cette histoire.


Suite à la biopsie, ils ont décidé de sortir l’artillerie lourde, à savoir, rayons combinés à de la chimio, pour terminer en beauté par de la curiethérapie, et ce fut le plus douloureux aussi bien mentalement que physiquement. Cinq jours en chambre allongée, sans visite, seule avec la bienveillance des infirmières. Cinq jours de douleurs atroces.


Cinq jours à terminer de tuer l’intérieur de mon corps.


Ces traitements qui ont fait partir la tumeur, ont aussi tué toute possibilité pour moi d’avoir un jour un enfant et c’est là mon plus gros traumatisme.


De plus ces traitements ont brulé les tissus internes et les rapports intimes sont devenus compliqués.


La ménopause précoce entraine de la prise de poids et je perds pas mal de cheveux, ce n’est pas évident pour mon corps de faire avec des hormones de substitutions.


Ma vie s’est arrêtée il y a 4 ans, les séquelles me privent de relations intimes normales, il est compliqué pour moi de parvenir à me réapproprier ce corps dysfonctionnel.


Niveau entourage, mon conjoint de l’époque m’a quittée en plein traitement, quant à ma famille elle a été absente pendant cette période.


Niveau emploi ce fut compliqué aussi, n’ayant pas de CDI je n’ ai pas eu droit à un mi-temps thérapeutique et n’ayant plus assez de ressources j’ai repris un contrat en CDD en tant que factrice un mois seulement après la curiethérapie.


Depuis 4 ans j’essaie de garder la tête hors de l’eau, beaucoup de bas, malgré le psy, de nouveaux amis fiables, car beaucoup m’ont tourné le dos aussi.


Traverser ça toute seule n’est pas évident, je n’ai pas fait mon deuil concernant le fait de ne pas pouvoir avoir d’enfant, j’en souffre tous les jours.


A savoir que j’avais fait un frottis un an avant tout ça, à 31 ans, et que tout était ok, les campagnes de prévention concernant le HPV sont peu nombreuses et préconisent un dépistage tous les 3 ans à cet âge là, je trouve cela inconscient, sachant que moi un an avant seulement tout allait bien. Ce ne sont que des saignements pendant des rapports qui m’ont alertée… Je suis en vie, grâce à eux uniquement parce que j’étais dans une limite critique de l’évolution de la tumeur, qui a été très rapide sans explication.


Prenez soin de vous, et courage à toutes les autres guerrières.
Le combat est dur et la lutte est sans fin malheureusement.

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  1. Plein de courage à vous…
    J’ai vécu exactement les mêmes choses au même âge. Difficile de s’approprier ce corps blessé. Je vis avec un lymphoedeme jambe et neo-vessie qui compliquent la tâche au quotidien mais nous sommes en vie.
    Je trouve également que la prévention de ce cancer du col n’est pas assez offensive par rapport à ce qui est mis en place concernant d’autres pathologies comme le cancer du sein qui touche également notre féminité, notre intimité.
    C’est lors de ces (mes-)aventures qu’on découvre le courage des hommes! Idem pour moi…

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