« Du côté des proches » par Diane Boinon, docteur en psychologie à Gustave Roussy

« Le cancer atteint profondément non seulement la personne qui en est atteinte mais aussi sa famille et ses proches. C’est donc tout un système familial qui peut être confronté à l’incertitude, à l’angoisse et à la tristesse, ainsi qu’à l’alternance de moments d’espoir et de désespoir.

En tant que patiente, vous pouvez avoir envie de protéger votre entourage en évitant par exemple d’exprimer votre ressenti, vos craintes ou votre tristesse. En adoptant cette attitude, vous risquez peut-être :

– De vous isoler, puisque la détresse n’est pas exprimée, retardant ou même empêchant l’apport de soutien, de réconfort et d’une aide concrète au quotidien de vos proches ;

-D’augmenter les difficultés de vos proches à trouver la meilleure manière d’être aidant et de se situer par rapport à vos besoins. Ceci peut également majorer le fréquent sentiment d’impuissance de vos proches qui ne peuvent agir pour vous accompagner  ;

-De perturber la qualité de la communication et de majorer la souffrance de chacun. »

Alors, voici  quelques conseils pour que chacun puisse trouver son « tempo » :

De votre côté, n’hésitez pas à recourir à l’expression claire de vos propres besoins : cela aide, dans la durée, à s’adapter aux différentes crises que peut comporter l’expérience du cancer. Il est donc plus aidant :-

– De préciser votre besoin d’aide de type matériel (aide pour les courses, aller chercher les enfants à l’école…) ou d’un autre ;

– De signifier votre besoin de parler de la maladie ou au contraire votre souhait de ne pas vous exprimer à ce sujet, et de limiter le nombre de personnes qui prennent de vos nouvelles si les sollicitations sont trop nombreuses (demander à l’un de vos proches de faire le relais, échange par mail…)

Du côté des proches,  … qui ne s’autorisent pas toujours à reconnaître qu’ils peuvent eux aussi souffrir de la situation, il n’est pas toujours facile de trouver les bonnes attitudes pour soutenir au mieux la personne malade.

 Voici néanmoins quelques pistes de  « comportements aidants »  :

– Se montrer disponible pour parler de la maladie sans forcer la parole, favoriser l’expression libre, laisser l’autre s’exprimer lorsqu’il en a besoin : par exemple, on peut dire à son proche malade : « Sache que je suis là pour toi et que tu peux me parler quand tu le souhaites de tes craintes » ;

-Témoigner des marques de soutien, de réconfort verbal et non verbal ;

– Faire preuve de compréhension : reconnaître, légitimer, valider l’état émotionnel, plutôt que de freiner l’expression des émotions « ne pleure pas…, ne sois pas angoissée, ce n’est rien… » ;

– Proposer une aide concrète : «Je peux passer ?» «De quoi as-tu besoin ?» « Veux-tu que je fasse tes courses ou que j’aille chercher les enfants à l’école ? ». Ou tout simplement «Va t’installer sur le canapé, ce soir je m’occupe de tout.»

– Proposer des activités de distraction, de détente et de loisirs.

Enfin, quelques repères dans les attitudes à éviter :

– Donner des conseils : « Garde le moral, il faut se battre, c’est important pour guérir »

– Critiquer : « Arrête de te laisser aller, ne sois pas triste, prends sur toi un peu »

– Court-circuiter l’expression des émotions : « Sois forte, allez secoue-toi, sois positive »

– Rassurer à tout prix et trop vite  : « C’est normal, allez ça va aller, Ne t’inquiète pas», «Tout va bien se passer, tu vas t’en sortir »

– Minimiser : « Tu as de la chance, le cancer du sein, c’est bénin ça se soigne très bien »

– Identification :  » Si j’étais à ta place je ne sais pas comment je pourrais supporter tout cela »

– Partage social : « Ah tu sais en ce moment c’est dur pour moi aussi… »

 

PSSST ! …

Aider les aidants…

Vous sentez que vos proches s’essoufflent ? Sachez que certains services, comme l’unité de psycho-oncologie de l’Institut Gustave Roussy, proposent aux proches d’être soutenus dans leur accompagnement aux patients. Le but est d’aider à aider, mais aussi se protéger, en préservant la qualité de vos relations tout au long de la traversée de la maladie. 

« Le mot de l’expert » à été recueilli par Céline Dufranc.

 

  1. Bonjour
    on a diagnostiqué un cancer du sein a mon épouse nous aimerions pouvoir trouver un soutien psychologique dans notre région. Nous sommes proche de la Rochelle je précise que le diagnostic a été posé vers le 15 octobre et pour le moment nous n’avons aucune aide du corps médical malgré nos demandes …
    merci

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