Jasmine a toujours voulu garder la face

On l’appellera Jasmine, car elle souhaite conserver l’anonymat. Pendant des années, elle a souhaité garder la face, mais rétrospectivement, se demande si elle a bien fait !

« J’ai toujours été un bon petit soldat. Je venais au bureau haut perché sur mes talons avec mon rouge à lèvres pour faire bonne figure, malgré mon cancer du sein et les deux récidives, raconte-t-elle. Ça m’a joué des tours car on me demandait du coup la même chose qu’aux autres, comme si j’avais juste un rhume ».

Jasmine ne s’est jamais lamentée, mais avec le recul, regrette de ne pas s’être davantage épargnée. « Arrête de jouer la victime », avait-on tendance à me répéter. A présent, elle est épuisée d’avoir joué un rôle de composition. Elle l’a pourtant tellement bien joué qu’en salle de sport, des femmes l’ont félicité pour sa bonne mine.

« Les traitements m’avaient fait grossir, j’ai donc acheté des robes pour que ça ne se voit pas. Je cherchais à rester élégante en les assortissant avec de jolis foulards », témoigne-t-elle. Cette coquetterie l’a néanmoins préservée et lui a permis de mener une vie normale.

Jasmine se réjouit d’avoir été bien entourée ; « je n’ai perdu aucune amie et m’en suis même fait de nouvelles. Les femmes ont tendance à davantage parler que les hommes, à se confier. Ça peut vraiment aider ».

En revanche, sa carrière professionnelle a été stoppée. Pas de promotion, ni d’évolution de salaire. Néanmoins, le cancer l’a rendue plus libre : « J’adore ma vie. J’ai appris à relativiser et à apprécier les choses à leur juste valeur. Je ne suis plus dans la rancune et je sais mieux dire non. En un mot, je suis beaucoup plus heureuse ».

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