Examens

…Mammotome, Mammotome, cancer… Quoi ? Comment ? Douleur ? Je relis les informations recueillies ces derniers jours sur le site officiel.

Tout se mélange dans ma tête et j’ai peur, voilà tout. L’angoisse ne s’échappe pas, au contraire elle s’accroche à en faire mal. Je me prépare, dans une espèce de voile de coton.

Equipe médicale, encore une fois, adorable et efficace. Très professionnelle. Je me rends compte de l’évolution de mentalité de ces médecins (en tout cas les miens) confrontés à la douleur et l’horreur. Ils sont devenus totalement humains. Choisissent les mots pour adoucir l’angoisse et la peur, non seulement de ces examens mais aussi des résultats.

Je m’allonge, sur le ventre. Un peu engourdie par les calmants que j’ai pris dès mon réveil. Froideur de cette table, trouée en haut à droite. Simplement pour laisser passer le sein malade. Paroles apaisantes, presque chuchotées. Explication détaillée pour que je comprenne exactement ce que le médecin va faire et comment il va procéder. Infirmière qui prépare et passe les instruments, stagiaire qui caresse mon dos, délicatement. Première piqûre de produit anesthésiant. Directement dans ce sein, tout petit. Je serre les dents. Sensation très désagréable, voire insupportable mais un peu de courage que diable ! Ce ne sont que les débuts !

Sur internet ils ont pourtant dit que c’était INDOLORE !  « Mince, j’aurais dû vérifier dans la foulée la définition du mot INDOLORE !! »

Les prélèvements peuvent commencer. Il y en a dix de prévu. Une petite foreuse pénètrera dans le sein et retirera des « carottes » de tissu mammaire d’environ 1.5 cm. Je ne peux m’empêcher de penser aux « carottes » que prélèvent les scientifiques dans l’antarctique, pour analyser les profondeurs glaciaires. C’est peut-être pour cette raison que je suis glacée, je tremble de froid, de peur, bref c’est la panique extrême.

Les cinq premiers prélèvements sont douloureux mais l’anesthésie fait à peu près correctement son travail. C’est, comment dire ?  Supportable. Les cinq derniers frisent l’inimaginable. La douleur est si forte que je ne peux m’empêcher de bouger à chaque fois que la foreuse entame le sein ! L’infirmière stagiaire met tout le poids de son corps sur mon dos pour éviter que le réflexe de douleur ne me fasse trop bouger et fasse rater le prélèvement. Le médecin opère de plus en plus doucement en expliquant qu’il ne peut pas ajouter de produit anesthésiant : le sein étant trop petit, la foreuse pousserait trop loin les microcalcifications et l’examen échouerait. La douleur est atroce. Le forage perce à vif, les larmes glissent sur mes joues, doucement.  Le nez coule. Je renifle comme une gamine. Je regarde les petites carottes sorties de ma chair que le médecin  déposedélicatement sur un petit récipient, bien alignées, les unes à côté des autres, sanguinolentes. Je ne peux m’empêcher de visualiser tous les petits trous faits dans mon sein.

….

Je rentre chez moi, épuisée. J’attends avec impatience la chaleur de mon lit. Dormir. Me remettre de toutes ces émotions qui m’ont totalement vidée. Et attendre les résultats. Encore des résultats. On passe son temps à attendre des résultats quand on a un cancer.

Quel type de cancer ? Comment vais-je être mangée ?

Je me couche pour éviter de penser. D’ailleurs je suis dans un tel état d’épuisement que je m’endors à peine la tête posée sur l’oreiller.

Je me réveille, l’esprit bouillonnant, les pensées qui se bousculent, ça tape dur dans ma petite tête…..

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