Itinéraire d’une ancienne patiente atteinte de cancer

 

Gisèle Lerch, Bénévole active de l’association Vivre comme avant, nous raconte son vécu pendant son cancer du sein, comment elle est devenue bénévole au sein de l’association et ce qui l’a amené à devenir socio-esthéticienne.

 

Comment avez-vous vécu votre cancer du sein ?

 

« Après l’annonce d’un cancer invasif du sein droit, je fus opérée en juin 2004 avec ablation du sein et curage axillaire de 18 ganglions. Puis, j’ai subi une chimiothérapie pendant 6 mois, avec chute totale de mes cheveux 14 jours après la 1ère cure. S’en est suivi alors une radiothérapie et une hormonothérapie, pendant cinq ans.

 

Durant cette période j’aurais souhaité pouvoir échanger avec une personne qui était passée par là et qui allait bien. Je me suis sentie très seule au milieu des autres femmes opérées, avec qui je n’avais pas trop envie d’échanger à ce moment-là.

 

En 2006, comme cela m’était proposé, j’ai accepté de faire une reconstruction par « grand dorsal ». Et encore une fois, je me suis sentie seule. Je me suis alors promis que je ferai quelque chose pour aider les personnes dans cette situation, lorsque j’aurai du temps de libre. »

 

Comment avez-vous connu l’association Vivre comme avant ?

 

« J’ai connu l’association Vivre comme Avant tout à fait par hasard, par le biais d’une connaissance rencontrée quelques années plus tard. Je suis d’abord entrée dans l’association en tant que bénévole en formation en 2008. Puis, c’est tout naturellement que je suis devenue bénévole active en 2009, dès ma retraite professionnelle.

 

Être bénévole au sein de l’association Vivre comme avant , c’est apporter aide et soutien aux femmes qui vivent le combat contre le cancer du sein. Ayant toutes vécues la même expérience, nous sommes dans une véritable démarche d’écoute, d’empathie et de conseil quand nous nous rapprochons des patientes.

 

Depuis 2015, nous faisons face à une évolution de nos actions avec le développement de l’ambulatoire. En effet, nous devons désormais intervenir dès le réveil de la patiente après sa chirurgie. C’est le cas à l’HNFC (Hôpital Nord Franche Comté pour les villes de Belfort Montbéliard). Mais cette action n’est pas encore généralisée à tous les établissements hospitaliers en France.

 

Nous savons très bien qu’au moment où nous rencontrons une patiente, elle peut tout à fait ne pas avoir envie de nous parler tout de suite. À cet instant, nous essayons d’être rassurantes et d’être le moins invasives possible. Le plus important pour nous est qu’elle ait connaissance de l’association, que nous sommes là pour l’accompagner, l’écouter et l’aider,même si elle souhaite nous recontacter plus tard.

 

Pour l’anecdote, il m’est arrivé une fois qu’une patiente reste complètement mutique lorsque je suis venue la rencontrer, en chirurgie ambulatoire. Au final, c’est son mari et son fils qui sont venus me voir afin que je les éclaire sur toutes les questions qu’ils se posaient, ils ne savaient pas vraiment à qui parler. La présence de l’association leur a permis de sortir de leur isolement.

 

Beaucoup de patientes m’appellent régulièrement, et cela montre à quel point elles se sentent seules et ressentent le besoin de parler et d’échanger. Elles nous disent souvent que ce qui leur plait dans notre association c’est que nous avons vécu la même expérience qu’elles. Elles se sentent comprises, et cela leur permet de voir qu’il y a de lumière au bout du tunnel.

 

Il est aussi important pour nous de travailler en réseau et de savoir réorienter la patiente vers le service dont elle a besoin lorsqu’elle exprime ce besoin : aide à domicile, aide psychologique, soutien… Nous n’allons jamais au devant d’ une demande. C’est à la patiente d’y venir. »

 

 

Vous êtes aujourd’hui également socio-esthéticienne, comment en êtes-vous arrivée là ?

 

« Afin qu’un maximum de femmes opérées du sein en chimiothérapie et radiothérapie puissent être prise en charge à l’hôpital HNCF, je me suis proposée en tant que socio-esthéticienne.

En décembre 2012, j’ai pu suivre une formation accélérée à Paris grâce au club Soroptimiste, une association internationale qui récolte des fonds pour aider les femmes ayant pour projet de rendre service, ou personnel.

 

Depuis janvier 2013 je fais des interventions bénévoles le mercredi matin hors vacances scolaire au sein du service pathologie mammaire de l’HNFC, dans une cabine de soin. Je peux généralement recevoir entre 2 et 3 patientes dans la matinée, pour des soins du visage, des mains ou des pieds.

 

Pour cette démarche, je suis conventionnée par la Ligue Contre le Cancer 90. J’ajouterai que cela n’a été possible que grâce à l’accueil de l’équipe médicale. »

 

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