J’avais un cancer…

Mars 2012, à la suite d’une mammographie de contrôle, le verdict est tombé : cancer du sein gauche. Ma mère avait eu la même chose en 2011 avec chirurgie et radiothérapie. car il était tout petit. Le mien n’est pas gros, 1 cm et tous les espoirs sont permis. Alors, je me fais opérer une chaude journée d’avril. Tous les voyants sont au vert. Je devrais m’en sortir avec une radiothérapie et une hormonothérapie. Je sors donc confiante de l’hôpital.
10 jours plus tard, appel du chirurgien : 1 métastase a été retrouvée dans un des deux ganglions sentinelles retirés. Il faut enlever une partie des autres ganglions et les faire analyser. Mais aussi : chimiothérapie en prime. Le monde s’écroule une deuxième fois ! Je suis abattue. Une visite prévue au radiothérapeute me rassure : mes autres ganglions seront probablement négatifs et la chimio, c’est juste de la prévention au cas où. D’accord mais les effets secondaires, je vais quand même les subir… Je pleure un peu puis je me reprends. Mon mari, ma mère me soutiennent au maximum et je préserve mes enfants. Opération n°2 en mai. Ganglions effectivement tous négatifs. ! Puis 3 séances de chimio à 3 semaines d’intervalle, j’ai peur des effets secondaires. Mais finalement avec les traitements préventifs, je m’en tire avec une grosse fatigue, certes, un estomac un peu barbouillé pendant 3 jours mais je mange quand même à chaque repas et une vie qui continue au rythme des séances. Second protocole, tous les lundis pendant 12 semaines de suite (le traitement est plus facile comme ça à supporter). Effectivement, très peu d’effets secondaires, une forme un peu retrouvée. J’ai dû arrêter de travailler pour la chimio mais toutes les semaines je rends visite à mes collègues. Je me tiens au courant de ce qui se passe et je mange avec elles ces jours-là. Je piaffe d’impatience de reprendre le travail. JE m’ennuie à la maison et je refais même un peu de sport. Enfin, 29 octobre, dernière séance. 15 jours de tranquillité puis 25 séances de radiothérapie, rien du tout à côté de la chimio. Quasiment pas d’effets négatifs, juste une couleur brune sur le sein irradié, comme un coup de soleil. A l’issue, je commence l’hormonothérapie. J’ai hâte, je veux reprendre le travail. Ce sera chose faite le 1er février 2013, à temps partiel certes mais je suis super contente. Au 1er mai j’ai repris un temps plein.
Malgré le diagnostic , les effets secondaires subis et les changements physiques engendrés (prise de poids, perte des cheveux…), je reste optimiste. Je ne me suis jamais plainte de rien. Mes amies qui m’appelaient régulièrement me disaient « tu ne te plains jamais ». Non, je ne me plaignais pas, parce qu’en allant faire des séances de chimio, j’ai rencontré des personnes plus gravement atteintes que moi, dont le pronostic vital à moyen terme était incertain et qui plaisantaient (l’ambiance était au rire ces lundis-là) alors, sans minimiser le fait d’avoir eu (m’a dit le radiothérapeute) un cancer, de bien supporter les traitements et de voir l’avenir en rose, je ne pouvais pas me plaindre.
Garder le moral, faire attention à son attitude, prendre soin de soi, de se reposer quand c’est nécessaire étaient mes principes. Quand le malade ne va pas bien, il déteint sur l’entourage mais quand l’entourage ne va pas bien, il déteint aussi sur le malade. L’image que je voulais donner est celle que je voulais qu’il me renvoie et j’ai réussi.
Je ne sais pas ce que sera le futur mais je fais tout pour me préserver d’une récidive. En attendant, je pense positif.

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