Je suis une guerrière

Bonjour, je m’appelle Nathalie et voici mon histoire :

Tout a débuté un été 2013 où n’ayant plus de menstruation et étant fatiguée je prends un rendez-vous chez ma gynécologue me pensant enceinte. Même s’il n’en était pas question, à 42 ans il fallait que j’en ai le coeur net, d’autant que mon époux était en mode panique « oulala non pas un 4ème à notre âge ! ». Et moi je me disais que ce serait bien chouette finalement.

 

Seulement voilà, lors de ma consultation et après palpation de ma poitrine, ma gynécologue décide de me faire faire une mammographie suivie d’une écho « pour faire un topo vu que nous nous voyons pour la première fois » me dit-elle (je venais d’emménager). La semaine suivante je passais les examens et puis tout s’est très vite enchaîné : la semaine d’après je passais une biopsie puis une semaine après j’apprenais que j’avais le cancer du sein à droite.

 

J’ai commencé par un dénis « ce n’est rien juste un kyste… » puis au mot « cancer » prononcé par ma généraliste cette fois-ci, je me suis sentie vide et dépourvue d’émotion « que se passe-t-il ? Que m’arrive-t-il ? de quoi me parle-ton ? ».

Heureusement que j’étais bien accompagnée par mon époux car celui-ci avait bien tout suivi, il était (et il est toujours) mes oreilles car certains mots font blocage dans mon cerveau ce qui fait que je finis par ne pas tout bien comprendre.

 

Je pense que mon cerveau s’est mis en mode sécurité « t’affole pas tout va bien ».

 

Je passe donc toute une série d’examens (sang, estomac, os, coeur…) afin de savoir si tout fonctionne correctement (que je pense, mais en fait c’est pour savoir si je supporterais la suite des événements). Me voilà rendue avec mon époux (toujours présent dans les rendez-vous importants, même encore aujourd’hui, merci) à Nantes pour un rendez-vous avec un chirurgien. Celle-ci me palpe, recule en me fixant « bien, en fait je pense que la tumeur doit faire au moins 6 cm, nous allons prendre rendez-vous pour le retrait ». Je ne vous cache pas que je suis restée une fois de plus bloquée sur « 6 cm » et « retrait ».

Mon époux a fait la discussion avec le médecin et moi j’entendais mais je n’arrivais pas à comprendre tout ce qui me tombait dessus. Au vu de tous les résultats des examens j’avais bien une tumeur de 6 cm (et 1,5 kg) dans le sein droit (en fait cela faisait tout mon sein et ayant une forte poitrine cela ne se voyait pas du tout).

 

Le couperet est tombé je devais avoir une mastectomie. 2ème choc, je m’effondre « que vais-je devenir moi qui ne mettais que des décolletés, où va -t-on aller dans notre intimité… »

Bref les guerrières m’ont bien comprise. Le 6 janvier 2014 on me retirait mon sein mais je m’accrochais à l’idée qu’il n’y avait pas forcément de chimio ou de rayons comme on m’avait dit.

Malheureusement 3ème choc, je devais passer par 6 chimios (où d’ailleurs je fais partie du 1% de femme à ne pas perdre la totalité des cheveux, j’ai fait sourire mon oncologue). Je vous passe les détails j’ai un parcours d’obstacles. Puis ensuite il s’avère que j’ai eu le droit également à 34 rayons.

 

Dans ce miroir qui me reflétais pourtant , je ne me reconnaissais pas : cheveux « paille de fer » très parsemés, teint gris, tâches sombres sur le visage, une demi poitrine rouge cramoisie d’un côté et un sein énorme bien seul de l’autre côté : mais qui étais-je ? Pas une femme, non, mais il était hors de question de baisser les bras car j’avais mes 3 enfants (8, 10 et 14 ans) ainsi que mon mari. Je faisais en sorte de garder beaucoup d’humour au quotidien pour mon entourage mais lorsque je me retrouvais seule c’était une autre paire de manche.

 

Heureusement je garde ma « positive attitude » et décide d’être UNE AMAZONE. Dans ma tête je suis donc une amazone et non une victime du cancer. Et je reprends du poil de la bête !

 

Je garde mon humour, du genre « j’ai perdu mon néné quelqu’un l’aurait-il vu ? » (je parle de ma prothèse silicone) et je vois débouler mes enfants dans ma chambre pris de fou rire.

Dans un deuxième temps, ma chirurgienne m’avait demandé si je voulais me faire reconstruire, ce à quoi j’avais répondu par l’affirmative de suite. Mais il me fallait attendre au moins un an. Je décidais pendant ce laps de temps, de faire la reconstruction par lambeau dorsal puis ajout de graisse. Pas la plus simple ni la plus rapide mais la plus naturelle.  Sept 2015 la première grosse étape est franchie, on m’a retiré mon muscle dorsal, on me l’a passé sous le bras puis raccroché au sternum. J’avais ma base de sein. Il me fallait par la suite, tous les 3 mois, me faire ponctionner de la graisse, qu’ils filtraient puis me réinjectaient dans le muscle afin de gonfler celui-ci.

 

Malheureusement j’ai cafouillé, j’ai eu des soucis de cicatrisation qui m’ont valu de porter un VAC (pansements aspiratifs relié à un gros appareil qu’on porte tout le temps, heureusement maintenant les boîtiers sont plus petits) et en plus de tout cela ma graisse n’a jamais voulu tenir dans mon « hamac », mon sein… mon corps s’y refusait. C’est bien dommage car lorsque je vois le résultat sur les femmes que je croise, c’est épatant de vraisemblance. Au jour d’aujourd’hui on a fini par me mettre une demi prothèse sous mon lambeau et on a réduit l’autre sein pour me « rééquilibrer ».

 

Je vous passe beaucoup de détails car c’est un vrai roman mon histoire mais du coup je me sens une GUERRIÈRE, oui une vraie et quand j’ai mal je me dis « t’as pas mal t’es une guerrière » (d’ailleurs j’écris un livre avec toutes « cette aventure » tout en gardant mon humour car c’est très important et cela est libérateur pour moi. J’ai déjà des fans ahah car je le fais lire par des très proches).  J’ai également fait une vidéo sur youtube par le biais d’une copine, Cécile, « entrevue 1 ». J’ai eu beaucoup de mal à la faire car il est difficile de se dévoiler devant une caméra, mais avec du recul et les retours de gens si gentils, je ne regrette pas.

 

Tout cela m’apprends à aller de l’avant même si parfois « des doigts qui rouillent », une grosse fatigue, une hanche qui bloque… tous les aléas de la chimio et de l’homonothérapie (j’en ai pour 10 ans) me perturbent.

 

Je dis merci la vie.

Prochaine étape : les finitions (création du téton et les tatouages). J’en ai encore pour pas mal de temps car il faut laisser la peau se refaire une bonne santé avant de la retravailler. Cela me parait si long et j’ai tant hâte d’y arriver mais j’y arriverai.

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    • Merci c’est gentil mais n’oubliez pas que vous êtes une guerrière ?. Nous n’avons pas ttes exactement les mm combats mais si je peux vs êtes utile n’hésitez à me joindre. Bon courage

  1. Merci à vous pour ce témoignage, j’habite près de Nantes et j’ai appris le cancer du sein de ma maman y’a deux jours, elle habite en Normandie, on est toutes des guerrières et votre témoignage me réconforte face à ce qui l’ attend nous attend.

    • Bon courage à vous deux car le combat mené mere-fille et distance je connais très bien (mes parents sont du tarn et Morbihan).votre maman sera une belle guerrière aussi et si je peux vs être utile n’hésitez pas à me contacter.

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