la solitude

Je viens de lire un petit message et ce qui m’a interpelée c’est un « j’aime » qui ne changera pas la vie des malades, c’est exactement ce que je ressens ; effectivement c’est exactement les retours que j’ai depuis ma maladie « tu appelles si tu as besoin », « je serai toujours là pour toi », etc… Toutes ces belles phrases me fatiguent, on dirait que les gens disent ça pour se déculpabiliser.

À la fin de ce mois, cela fera un an que j’ai été opérée d’un cancer du sein, au début tout le monde vous entoure, ensuite au fil des jours des semaines et des mois toute cette attention part en fumée, ils doivent penser que l’on est guérie, que l’on va mieux et donc que l’on a plus besoin d’eux et j’ai même l’impression que c’est un soulagement pour eux et ils se disent qu’ils ont fait leur part du boulot.

C’est ce que je vis en ce moment, j’ai fait de la chimio, de la radiothérapie et maintenant je suis en hormonothérapie pour un an et je n’ai jamais été plus invisible que ça pour mes proches et je ne me suis jamais sentie aussi seule.

Mes journées sont vides, ennuyeuses, j’ai parfois des idées noires, je fais souvent semblant mais au fond de moi je me sens triste et seule malgré l amour de mes enfants de 8 et 14 ans, je me dis que je ne dois pas lâcher pour eux, je vois la psychologue de la ligue mais même avec elle je ne dis pas tout ; je crois que pour la première fois je me livre un peu, MERCI.

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  1. Cathy lemaitre.

    Tout a fait exactement le même ressenti….je vie la même chose ,heureusement j’ai un travail ou je vois du monde ,des enfants et petits enfants et mon mari pour me changer les idées ,sinon pour l’instant je vais bien j’ai eu mon cancer du sein en mai 2016 ,gardons espoir ,courage a vous.💝💖

  2. Posez-vous une simple question : Suis-je un être unique ? Et la réponse est oui. Votre ADN vous est propre, votre personnalité vous appartient et, en plus, vous êtes une battante qui a gagné une bataille. J’ai un cancer du sein métastasé depuis 15 ans avec 8 chimios différentes, une opération et de la radiothérapie. Un test clinique et un traitement d’entretien toutes les 3 semaines à l’hôpital jusqu’à la fin. Mais, chaque matin, nous posons un pied hors du lit et nous sommes vivantes. Ce qui m’a souvent frappée, c’est que, pendant les traitements, on est entourés par le corps médical comme si nous étions leur unique patiente et puis, tout à coup, plus personne. On se sent abandonnés. L’attitude des amis, des copains, des collègues est souvent ambigüe. Comme vous dites, ils disent des mots mais ne comprennent pas toujours nos maux. Ils pensent que parce qu’un traitement est terminé, on est à 100% et qu’il ne faille plus ni en parler, ni se plaindre. Mais le monde est ainsi fait. Ils sont mal à l’aise, savent que ça leur pend au bout du nez et ne veulent pas trop s’impliquer. Nous seules sommes capables de surmonter cet accident de la vie. Mon mari est décédé en mai dernier d’un cancer foudroyant, alors qu’il a toujours été là pour moi. Sans ce mat, sa force, je ne serais peut-être plus de ce monde. Double solitude. Mais, la vie doit reprendre le dessus et il faut aller vers les autres comme si tout allait rentrer dans l’ordre. Sourire, apprécier, marcher, se promener dans la nature, et profiter de cette expérience utile pour aller au fond des choses. Je vous souhaite tout le meilleur.

  3. J’ai débuté l’hormonothérapie il y a trois mois, pour un long périple de cinq ans… Oui il y a des effets secondaires indéniables… physiologiques et/ou anatomiques et toujours des incidences sur le psychique! Rien est inscrit sur notre front et une fois les soins « visibles et contraignants » terminés, tout le monde nous croient guéries… Mais l’hormonothérapie peut aussi être un lourd traitement subi! Et surtout, surtout… tous les jours, la prise de ce médicament nous rappelle notre maladie…
    Personnellement, j’essaye le moins possible de rester seule. Je vais très régulièrement dans une salle de fitness participer à des cours sur le coup de 17h pour faire du bien à mon corps (bien évidemment, tout à mon rythme, les coachs sont au courant de ma maladie) et aussi à ma tête! J’y retrouve des amies, certaines rencontrées dans ce lieu !!! Aller à la piscine procure un bien fou, alors osez faire le pas!!! Parfois, je retrouve soit des jeunes retraités, soit des fréquentations en convalescences elles aussi pour faire des ballades… Osez faire des propositions de sorties, tout le monde sera ravi!
    Je pense qu’il ne faut pas tout attendre des autres, il faut parfois leur expliquer pour se faire comprendre et se sentir soutenue, mais il faut aussi avancer avec eux …
    J’ai ressenti ce sentiment de solitude parfois, seule avec sa maladie… mais nous sommes là et nous devons vivre et faire ce qui nous plait le plus, ce qui nous donne la joie de vivre. Il faut profiter de tous les petits instants de bonheur partagés ou non, écrire tous les soirs les petits kiffs de la journée, il y en a toujours… J’aime le sport et j’ai repris les activités, même affaiblie! Il y a bien quelque chose que vous aimez et que vous pourriez reprendre. Ma devise: quand on veut, on peut!
    Croyez en vous et osez!!!

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