L’amour est bien plus fort que la maladie

 

L’amour est la force la plus puissante sur Terre.
L’amour, je l’ai connu grâce à cet homme que j’ai rencontré un an avant l’annonce de la terrible nouvelle… Ce jeune homme qui m’a soutenue et épaulée durant la maladie, c’est avec lui que je désire passer le restant de mes jours, et avec aucun autre !
Je veux vieillir à ses côtés et je pense que c’est également ce qu’il souhaite, pour m’avoir prouver maintes et maintes fois qu’il m’aimait plus que tout.
Il m’a aidée à vaincre cette maladie et a été présent depuis le début.

 

Je l’ai rencontré alors que nous étions tous les deux en classe de Première au lycée. Il a été le premier à me remarquer et me l’a rapidement fait comprendre. Nous nous sommes donc rapprochés. Et quelques temps plus tard nous nous sommes mis ensemble.
Une année s’écoula, tous se passait à merveille, j’étais heureuse. Chaque jour que je passais (et que je passe) avec lui semblait idyllique, merveilleux, hors du temps … Il m’a appris à goûter à la vie et à profiter de chaque petit instant qu’elle nous offre, mais il m’a surtout aidée à prendre confiance en moi. L’été 2011 se passa merveilleusement bien et nous reprîmes les cours en Septembre, en classe de Terminale. L’année scolaire se passa bien, autant pour lui que pour moi.

 

Cependant, bien que sentimentalement parlant tout se passait très bien, mes démangeaisons persistaient un peu plus chaque jour… Et me rappelaient sans cesse qu’il fallait que je me gratte. C’était devenu une habitude. Elles me suivaient en permanence et jamais ne me laissaient tranquille. Elle m’empêchaient de dormir la nuit, de me concentrer au lycée et devenaient de plus en plus envahissantes.

 

Un année de relation s’écoula donc, et un jour la terrible nouvelle tomba.
Il connaissait mon problème, pour m’avoir connue « saine » et m’avoir vue petit à petit me démanger. Il ne pouvait pas comprendre exactement ce que je pouvais ressentir et la gêne que cela occasionnait mais il me soutenait dans tout ce que je faisais. Entre midi et deux, au lycée par exemple, j’allais me cacher dans les toilettes pour pouvoir me gratter à ma convenance (ne pouvant pas le faire en cours devant tout le monde) … Et bien il m’accompagnait et attendait patiemment. Cela pouvait prendre quelques minutes, comme un bon quart d’heure voir plus. Mais qu’importe il était là, et ça seule présence me rassurait et me consolait.

 

Il m’accompagna avec mes parents à chacun de mes rendez-vous. Le jour où l’on m’opéra pour la médiastinoscopie et pour la pose du PAC, il est venu spécialement de Toulon jusqu’à Marseille avec mon père, pour pouvoir être à mes côtés lorsque je me réveillerais de l’opération. Ce jour-là il avait cours au lycée… Lorsqu’on me remmena à ma chambre en sortant de la salle de réveil, il était là. Il s’approcha tout doucement de moi, se pencha et déposa un baiser sur mon front, il prit ma main et me dit « Tout s’est bien passé mon coeur, s’est fini ». J’essayais alors de lui répondre mais je n’y arrivais pas. Il me fit signe de ne pas parler et de me reposer. Je lui souris et je me rendormai aussitôt. Lorsque je me suis réveillée, il faisait nuit et il avait disparu. Ma mère qui était resté dormir dans ma chambre, me dit qu’il était très tard et que mon père et lui avaient du rentrer sur Toulon pour pouvoir se reposer.

 

Je suis sortie une journée après mon opération et nous repartîmes sur Toulon. Nous arrivâmes vers 16h et il quitta le lycée à 17h. Il arriva à la maison dès qu’il pu, aux alentours de 17h20 le temps de revenir du lycée et resta près de moi jusqu’à la nuit avant de repartir chez lui dormir.
Quand j’y pense aujourd’hui, je lui en suis extrêmement reconnaissante et reste énormément touchée par tout ce qu’il a fait pour rester près de moi dans les pires moments. Comme tous les garçons de 18 ans il aurait très bien pu profiter des beaux jours de Mai, pour allez retrouver quelques copains et se « changer les idées ». Et non… Il a fait tout le contraire et m’a prouvée chaque jour qu’il serait toujours là pour moi.

 

Quelques temps après l’opération, nous fîmes envoyés voir un oncologue à l’hôpital Saint Anne de Toulon. Et c’est ce jour-là qu’il m’annonça que je souffrais de la maladie de Hodgkin.
L’oncologue sortit de son bureau, se plaça au milieu de la salle d’attente et prononça mon nom de famille. Je me levai ainsi que mes parents et mon chéri, mais il leur fit signe de ne pas bouger préférant me recevoir d abord seule.
J’entrai donc dans son bureau et c’est là qu’il déballa tout son discours, comme quoi je ne pourrai pas passer mon bac, que je devrai redoubler, que j’allai perdre la totalité de mes cheveux, etc…
La première réaction que j’ai eu, ce fut de rigoler. Mais pas un rire de joie bien entendu, mais plutôt un rire gêné et choqué… J’étais tellement stupéfaite par ce qu’il venait de m’annoncer que ma seule réaction face à l’horreur de ces paroles fut le rire puis les larmes.
Je me suis mise à pleurer toutes les larmes de mon coeur. Je me croyais perdue et que la maladie avait déjà gagné. C’est une journée qui restera à tout jamais gravée au fer rouge dans ma mémoire. Je me souviens de chaque détail, du temps qu’il faisait dehors, de chaque papier qui traînait sur le bureau de mon médecin et des vêtements que je portais ce jour-là.
Il comprit ma réaction et vint se placer en face de moi, mais ne me réconforta pas pour autant. Il me laissa pleurer quelques minutes et se leva pour allez chercher mes parents.
Ils entrèrent. Ma mère compris immédiatement ce qu’il se passait et lorsqu’elle me vit pleurer elle se retourna pour regarder mon père qui s’inquiétait lui aussi de ce que le médecin venait de m’annoncer… Ils s’assirent et l’oncologue leurs annonça les mêmes choses qu’à moi, quelques minutes auparavant. Julien quant à lui n’avait pas pu rentrer.
Lorsque nous sommes ressortis de l’entretien, je le vis se lever brusquement du siège de la salle d’attente et venir précipitamment sur moi pour me retenir. Je titubais et j’avais du mal à rester calme. Je pleurais et il ne comprit pas tout de suite que l’on venait de m’apprendre quelque chose de grave. Il se contenta alors de me soutenir par les épaules, il regarda brièvement mes parents qui étaient également en état de choc et me conduisit jusqu’à la sortie.
Je me rappelle encore de cet instant, lorsque nous marchions tous les quatre dans le grand hall d’entrée de l’hôpital et que mes parents essayaient tant bien que mal de cacher les larmes qui coulaient le long de leurs joues. Mon père s’assit sur une chaise, ma mère resta debout, moi je me dirigeais vers une sorte de balcon qui donnait sur l’étage du dessous. Les larmes coulaient d’elles mêmes le long de mes joues et Julien restait là prés de moi sans rien dire. Il me laissa quelques instants et alla demander à mes parents ce qui venait de se passer. C’est là qu’il sut.
Il revint rapidement vers moi, me prit dans ses bras et me jura que j’allais vaincre cette maladie, que ce n’était pas elle qui allait m’avoir mais que c’était à moi de la détruire !
Il avait les larmes aux yeux lui aussi et la voix serrée. Je me revois plonger mon regard dans ses beaux yeux marrons remplis de larmes. Je revois son sourire qui voulait dire « ne t’en fais pas nous allons surmonter tous ça ensemble, en famille ».
Ce fut une journée terriblement douloureuse pour nous tous…

 

Les jours passèrent et je commençais mes chimiothérapies. Il ne put pas m’accompagner à l’hôpital car à ce moment-là c’était au mois de Juin et il passait son bac. Mais après chaque épreuve il me rejoignait à la maison. J’étais allongée sur le canapé, ne pouvant rien faire d’autre que d’attendre que les nausées passent. Je regardais la télé, enfin je regardais plutôt les images défiler à la télé, car j’étais comme vidée de toute attention sur ce qui m’entourait. Je ne me focalisais plus que sur Julien et sur tout ce qu’il faisait pour se rendre utile. Il me demandait si j’avais chaud et si je voulais qu’il me fasse un peu d’air en se servant d’un catalogue, si la chaîne à la télé me convenait, si je souhaitais quelque chose en particulier pour qu’il aille le chercher … Il était vraiment irréprochable.

 

Les cures de chimio défilèrent et je devenais de plus en plus affaiblie… Je perdis mes cheveux et je n’osais pas lui montrer immédiatement. Il comprit et m’avoua que lui non plus n’était pas vraiment « pressé » de découvrir ce « nouveau visage ». Un beau jour, il me caressa le crâne qui était recouvert d’un de mes foulards et me dit paisiblement : « Tu sais tu peux me montrer ce qui se cache sous ce petit foulard, je pense que je suis prêt, et puis ne t’en fais pas de toute manière à mes yeux tu resteras toujours la plus belle ». Je lui souris me levai et enlevai mon foulard. Il commença par sourire puis me pris dans ses bras en me disant que ce n’était pas aussi terrible qu’il l’imaginait.
Il m’assura que même sans cheveux, je demeurais toujours la plus belle à ses yeux et que quiconque oserait s’en prendre à moi aurait affaire à lui.

 

Je me laissais aller, avec lui je n’avais pas besoin de cacher ce reflet de la maladie. Il m’acceptait telle que j’étais devenue sans faire la moindre réflexion.
Il m’accompagna ensuite à mes séances de radiothérapies, en patientant dans la salle d’attente avec son ordinateur sur lequel il y faisait ses devoirs. Et depuis l’arrêt de mes traitements il est là et constate jour après jour l’évolution de mes petits cheveux qu’il aime tant.

 

Je dédie ce témoignage à mon chéri, mon amour, celui qui a toujours su trouver les mots pour me consoler et me réconforter dans les moments difficiles. Mais je dédie également cet article, à tous les conjoints des personnes malades. Qui aurait cru qu’il resterait à mes côtés durant cette terrible épreuve. D’autres garçons de son âge auraient déjà fuit depuis longtemps. Il aurait très bien pu profiter de sa jeunesse avec des gens sains et ne pas avoir la « contrainte » d’être près d’une fille malade. Il aurait très bien pu trouver une autre fille, car ce n’est pas ce qui manque, et se dire qu’avec elle il n’aurait pas le souci de la maladie.
Mais non. Je pense que jamais il ne s’est posé la question, s’il devait ou non s’en aller et me laisser seule dans cette situation. Je n’ai jamais douté de ses sentiments et aujourd’hui j’ai une entière confiance en lui et l’amour qu’il me porte. Je suis plus heureuse que jamais à ses côtés et plus rien ni personne ne pourra m’enlever ce bonheur !
La maladie ne m’a pas emportée, et si j’ai eu cette force pour la vaincre aujourd’hui, c’est grâce à lui. Cette épreuve n’a fait que renforcer les sentiments qui nous liaient, et a fait de notre couple, un couple hors du commun. Une histoire peu courante dans la vie de deux adolescents de 17 et 18 ans. Une jeune fille de 17 ans, atteinte d’un cancer qui perdait confiance en la vie et son chéri de 18 ans qui ne perdit pas espoir et qui a su combattre à ses côtés cette chose qui la rongeait et qui a su lui prouver à chaque instant qu’il l’aimait plus que tout au monde.

 

Je l’aime de toutes mes forces et de tout mon cœur et je l’aimerai jusqu’à ce que la mort vienne m’arracher à lui et me retirer mon dernier souffle.
Aujourd’hui cela fait deux ans que nous sommes ensemble et même la maladie ne nous a pas séparés, alors qui pourra le faire hormis la mort ?

 

Julien mon Amour, je t’aime de tout mon cœur !
Nous avons toute la vie devant nous, pour profiter, VIVRE et croquer la vie à pleine dent !

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