NI NOIRE NI ROSE

 

La fin des traitements (chimio, radiothérapie) et toujours avec l’hormonothérapie… Cette période a été difficile, presque plus que l’ensemble des traitements. On nous laisse face à nous-mêmes… Plus personne pour s’occuper de vous. Plus d’aller-retour pour les soins. Moins d’appels de votre famille, amis. Les journées sont longues. La fatigue ne vous permet plus de vivre comme avant, malgré toute votre bonne volonté…

 

Puis vient le moment de reprendre le travail ; avec tous vos doutes. Peur de l’image que vous allez donner. Oui, on change et les autres ne voient que ce que vous n’êtes plus… Prise de poids due aux traitements, cheveux en bataille et la fatigue qui marque votre regard malgré le maquillage. Le regard des autres, leurs questionnements etc. Il faut doubler de vigilance et aller sans cesse vers l’autre.

 

Le cancer fait peur, c’est vrai… Et nous nous n’avons pas envie que l’on nous prenne pour des malades, mais on a besoin d’empathie tout de même. Mélange d’orgueil mais aussi de prendre le droit de dire « cela ne va pas » quand cela est utile… Je pourrais faire un livre de tout ce qu’il y a à dire sur l’après…

Une note positive pour moi… Une entreprise à l’écoute du bien-être des personnes reprenant le travail. Aménagement des heures de travail… Disponibilité en cas de difficultés…  J’ai eu beaucoup de chance. J’ai repris à temps partiel et je suis contente de pouvoir sortir de chez moi, de me sentir utile…

 

La fatigue se ressent parfois… Mes nuits sont très perturbées depuis ma maladie… J’arrive à mes 64 ans et aimerais aussi prendre ma retraite… Mais pas possible… La maladie vous pénalise aussi. Double peine… Les trimestres non valorisés etc.

 

Pour finir : il faut vivre autrement et ne pas vivre pour les autres… Penser à soi… J’essaye de le faire… Après tout de quoi je me plains. Je suis guérie… C’est bien entendu de l’humour « noir ». Cordialement

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  1. Perso, je n’ai pas repris mon ancien travail. J’ai trouvé du travail dans une autre municipalité après 8 mois d’arrêt. Mes nouveaux collègues ne me connaissaient pas avant la maladie. Ils ne savaient pas non plus que j’avais été malade. Mes cheveux étaient très court, mais après tout cela pouvait passer pour un choix personnel. Après mon passage en chimio, radiothérapie, hormonothérapie… j’ai débarqué avec une valise bien lourde : fatigue, « lenteur cérébrale », trouble de la mémoire, douleurs articulaires.
    Mais pas le droit ni l’envie de me plaindre. J’avais 34 ans et une envie furieuse de vivre. Peut-être aussi beaucoup d’orgueil, peur de dire ou de parler à propos de ma maladie. J’ai repris le travail à temps complet. Que cela a été dure ! Je voyais bien que les collègues à qui je n’avais rien dit se posaient parfois des questions : est-ce que cette fille est normale ? Elle a des réactions étranges… Bref, en ne disant rien cela c’est retourné contre moi. Je suis passée pour quelqu’un que je n’étais pas. J’aurai préféré que l’on regarde ce que je n’étais plus. Cela aurait pu au mieux suciter de la compassion.
    J’ai eu peur qu’on me pose des questions auxquelles je n’avais surtout pas envie de répondre, peur que l’on me voit comme une malade, que l’on me considère comme contagieuse, bref de faire fuir les gens…

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