« Sans contrefaçon » ou mon week-end d’après chimio à Paris

Berthe,

je reprends mon récit là où je l’ai laissé il y a bien longtemps.
Comme tu le sais déjà, ma quatrième cure de chimio a été plutôt difficile. Après le premier jour de nausées, c’est une fatigue « XXL » qui m’envahit et me laisse sur le flanc.
Mais ce que tu ignores, c’est que cette semaine s’est déroulée dans l’attente angoissée du week-end qui s’annonçait. Pourquoi ? me demanderas-tu. Eh bien, parce que c’est justement ce week-end-là que je dois aller voir Mylène Farmer à Bercy ! je suis fan, c’est comme ça.
Ce que tu ignores également, c’est que mes billets sont achetés depuis le 26 octobre 2012. Tu comprendras qu' »à force » d’attendre la pression monte, et que manquer ce concert à cause d’une chimio, alors que j’ai mes places depuis plus d’un an, me mettrait dans une rage folle, pour ne pas dire plus.

Nous prenons le train de bon matin ce samedi 14 septembre, moi tout juste rétablie et Belamour pas franchement emballé à l’idée de passer la soirée à écouter la chanteuse rousse. Nous formons un sacré duo d' »inséparables » ! A notre arrivée, le ciel est « bleu noir », les averses nous menacent mais notre hôtel est très sympa : on ne peut pas tout avoir.

Les bagages déposés, nous partons au cimetière de Montmartre. Pas question de se la jouer « Je t’aime mélancolie », nous voulons seulement dire bonjour à Berlioz, Degas, Guitry, Chichin, Stendhal ou la Dame aux Camélias (oui, oui elle a bien existé, elle s’appelait Rose !). Alors que nous sommes devant la tombe de Dalida (qui est au kitsch ce que la cerise est au gâteau), la pluie se met à tomber.
Comme j’ai mal un peu partout et qu’il pleut de plus en plus, nous retournons fissa à l’hôtel. Moi qui ne cesse de « rêver » d’une sieste réparatrice, je constate avec stupeur et tremblements que l’ascenseur est encombré par un chariot de draps. Il va falloir monter les cinq étages à pied. Je ne vais pas jouer les braves et te mentir : j’en bave grave sa mère ! Au bout de deux étages, je ne sens plus mes mollets, encore moins mes cuisses. Mon cœur bat à tout rompre et Belamour panique légèrement en cherchant le défibrillateur.
Je reprends mon souffle tant bien que mal et mon ascension tant mal que bien. Quinze minutes plus tard, je m’écroule sur le lit. C’est à peine si j’ai la force d’allumer la télé.

A 19h, j’ai retrouvé la banane et suis excitée comme une puce. Dans 90 minutes, le concert commence. Il est grand temps de partir si l’on veut manger un morceau tranquillement et profiter de l’ambiance avant concert (je suis fan certes mais pas groupie – le concert se fera dans les gradins aux places numérotées).
« Monkey me, c’est parti ! »

Les mots me manquent pour décrire le show grandiose et impressionnant. J’en prends plein les mirettes. Quand je vois danser les gens dans les gradins, je me dis « oui mais… non » ça ne va pas être possible, je n’ai pas de surplus d’énergie à dépenser. Et puis, lors des concerts de MF, je suis toujours stoïque, essayant de ne rien manquer.
Après plus de deux heures spectaculaires, nous rentrons à l’hôtel épuisés mais extatiques (enfin, surtout moi).

Le lendemain matin, changement de programme : direction l’Arc de triomphe ! Ce dimanche l’accès est gratuit et comme « c’est une belle journée », Belamour propose de monter au sommet.
Voilà comment je me retrouve à gravir les 284 marches de l’Arc alors que je dois être à 1200 pulsations cardiaques par minute et que les muscles de mes jambes ont été égarés je ne sais où. « Diabolique mon ange » ? Penses-tu !
La récompense est à l’arrivée : nous avons une vue dégagée et plongeante pour embrasser tout Paris. J’ai envie de « crier la vie » tellement je suis heureuse d’être là après cette semaine de galère. J’ai même doublé des nénettes de 20 ans dans les escaliers ! Ce monde est fou (« mad world », quoi !).

Après un déjeuner à l’ombre et un tour dans Bercy Village, nous nous promenons dans le parc attenant et assistons à un improbable rassemblement de personnages mangas. Nous croisons ainsi Sailor Moon qui se recoiffe, les Totally Spies qui répètent leur chorégraphie et Yu-Gi-Oh qui engloutit un hot dog… Il y a de quoi être « désenchantée » mais je préfère garder le côté burlesque de la chose.

Nous sommes le 15 septembre et « je n’admets pas qu’on menace mes résolutions […]. Puisqu’il faut choisir, à mots doux je peux le dire, sans contrefaçon » tu perds une nouvelle baston !

PS : si tu t’étonnes de certaines expressions en lisant cette lettre, c’est normal. J’ai replacé tous les titres chantés par Mylène lors de son concert. C’est pas la classe, ça ?

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