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« Témoigner procure du sens à sa propre existence et permet à d’autres d’en tirer avantage. »
Philippe Bataille, sociologue
Accueil Témoignage Cancer et dépression
J’ai découvert la tumeur fin mai dernier, par hasard, en changeant de position dans mon fauteuil « une boule dure dans le sein qui n’était pas là avant ». Je ne sais pas pourquoi mais je l’ai su de suite. Visite chez mon médecin traitant, et là tout s’accélère avec des examens en tout genre : mammo, biopsie, scanner, irm…
Diagnostic confirmé, après 15 jours de stress et d’attente des résultats de biopsie ! Il faut savoir que je suis phobique des aiguilles, perf… grosse crise d’angoisse à la biopsie.
Et s’en suit la dépression, l’annonce d’un cancer du sein triple négatif, c’est la vie qui s’arrête et tout devient noir.
Fin juin l’oncologue m’annonce le début de la chimio et la pose de la chambre, des chocs de plus, je ne suis pas prête. Je suis prise en charge pour la dépression dès l’annonce car l’anxiété est trop importante et invivable, tout comme chaque rendez-vous (2 semaines de suite à aller tous les jours à l’hôpital. (antidépresseurs, somnifères, infirmière psy quand elle a le temps),
Les 4 premières chimio sont des cauchemars car la chambre se retourne, donc remise en place par le chirurgien comme ça à vif. L’angoisse est toujours présente malgré les médocs, des nausées d’angoisses dès que je pense à tout cela, et doublement du traitement pour la dépression, Aujourd’hui j’en suis à la 7e chimio, à part la prise de sang la veille de la chimio, plus de rendez-vous, un peu de répit.
Les cheveux qui tombent depuis 15 jours malgré la pose d’un casque réfrigérant pendant la chimio, il faut que je me prépare à porter un foulard mais j’appréhende. J’admire celles qui ont la force de se raser la tête, moi je n’en ai pas le courage. J’ai l’impression d’être une condamnée à perpétuité !
Jamais je n’aurais imaginé être touchée par cette maladie. Elle hante mes journées, bouleverse mon quotidien, détruit mon mental, amplifie mes phobies fois 100, me met ko avec une fatigue de plomb 2 à 3 jours/semaine, je ne me reconnais plus et n’ose plus affronter le reflet du miroir. La maladie m’a volé ma joie, mon travail que j’aime tant, mon énergie de super active, ma bonne humeur.
Même si les médecins sont confiants et que ma tumeur a déjà réduit de 1cm au bout de 4 chimios, je n’arrive pas à sourire.
Je ne sais pas comment je vais réussir à voir le bout de tout cela, c’est juste l’instinct de survie qui me garde debout malgré un soutien très fort de mes proches, et la gentillesse et bienveillance du personnel hospitalier.
Je ne suis pas une battante, je subie tout cela, et fais ce que l’on me dit comme une enfant de 52 ans.
C’est dur, très dur !
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Bonjour,
Je viens de lire votre témoignage et j’ai eu envie de vous écrire quelques mots, même si nous ne nous connaissons pas.
Votre phrase « je ne suis pas une battante, je subis tout cela » m’a particulièrement touchée. Parce que je crois qu’on n’a pas besoin de se sentir forte ou courageuse pour traverser une telle épreuve. Parfois, se lever le matin, aller à l’hôpital, faire une chimio alors qu’on a peur, accepter les soins et continuer malgré l’angoisse… c’est déjà une forme immense de courage.
Après un cancer du sein en 1998, une récidive du cancer du sein en 2012, ma maman a été diagnostiquée d’un cancer des ovaires à un stade très avancé. Elle s’est battue pendant des mois. J’ai vécu à ses côtés les hôpitaux, les traitements, les inquiétudes, les mauvaises nouvelles, les moments d’espoir et ceux où nous avions terriblement peur. Malheureusement, malgré tout ce qu’elle a enduré et tout l’amour que nous avons essayé de lui donner, elle nous a quittés il y a deux mois.
Je ne vous raconte pas cela pour vous faire peur, bien au contraire. Je vous le dis parce que cette maladie m’a appris quelque chose : chaque histoire est différente. Le parcours de ma maman n’est pas le vôtre. Son cancer n’est pas le vôtre. Votre histoire reste à écrire.
Alors s’il vous plaît, ne vous demandez pas si vous êtes assez forte. Ne vous comparez pas à celles qui se rasent la tête, qui semblent tout affronter avec le sourire ou qui parlent de leur cancer comme d’un combat qu’elles vont forcément gagner. Vous avez le droit d’avoir peur. Vous avez le droit de pleurer. Vous avez le droit d’en avoir marre. Vous avez même le droit de dire « je n’en peux plus ».
Mais avancez quand même, un jour après l’autre.
Ne regardez pas toute la montagne devant vous. Regardez simplement le prochain pas. La prochaine chimio. Le prochain rendez-vous. Le prochain matin.
Et surtout, accrochez-vous à cette petite phrase que je voudrais vous laisser : vous n’êtes pas votre cancer. Vous êtes toujours vous, même si aujourd’hui la maladie prend énormément de place.
Votre tumeur a déjà diminué. Les médecins sont confiants. Ce sont des raisons de continuer à espérer, même lorsque votre tête n’arrive plus à y croire.
Je vous souhaite de tout cœur de pouvoir écrire un jour ici un nouveau témoignage pour nous dire que vous êtes de l’autre côté de cette saleté de maladie.
Alors oui, laissez-vous le droit d’avoir peur… mais ne laissez pas cette putain de maladie vous voler l’espoir.
Je vous envoie énormément de courage pour la suite. Et même si je ne vous connais pas, je vais penser à vous. 🤍🌷
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