Début mars, j’ai passé ma mammo de contrôle et aujourd’hui, cela fait exactement 5 mois que l’annonce du cancer est tombée. Compter les mois peut vous paraître insignifiant. Et pourtant, chaque mois passé a compté comme une année, à la fois lentement et très vite…

J’en suis au stade de la radiothérapie flash, un protocole assez récent : 5 séances un peu plus intenses en remplacent 10 ou 11 dans d’autres hôpitaux. Je morfle un peu mais je veux continuer à bosser…

Vendredi, j’attaque l’hormonothérapie pour 5 ans en espérant échapper aux divers effets secondaires annoncés. Maintenant, je sais que le prochain verdict tombera dans 6 mois, avec une nouvelle mammographie des deux seins.

Ce qui est étrange, ce qui me perturbe finalement, c’est que je vais me retrouver sans rendez-vous à Curie avant quelques temps.

C’est comme si j’avais été dépossédée de ma vie et mon autonomie pendant ce long laps de temps et qu’on me libérait tout en conservant une épée de Damoclès au-dessus de mon nibard.

Comment expliquer que ça fait peur ? Je n’ai pas versé une larme pendant ce parcours, j’ai serré les dents et aujourd’hui j’ai peur de m’effondrer…

Contrairement à la COVID, je savais qu’il n’y aurait pas de monde d’après. Là, je me doute, je le ressens intimement qu’il n’y aura plus rien de semblable.

À charge pour moi de transformer cette épreuve en quelque chose de positif quitte à me faire aider psychologiquement, si je trouve le bon professionnel adapté. En attendant, je fais face, je reste droite dans mes baskets !