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« Témoigner procure du sens à sa propre existence et permet à d’autres d’en tirer avantage. »
Philippe Bataille, sociologue
Accueil Témoignage Le combat de ma maman contre le cancer de l'ovaire... et le vide qu'il a laissé
Le 10 juin 2026, ma maman s’est éteinte, à l’âge de 70 ans, après 8 mois d’un combat d’une violence que je n’aurais jamais imaginée.
J’ai longtemps hésité avant d’écrire ce témoignage. Aujourd’hui, j’en ressens le besoin. Pour elle. Pour moi. Et peut-être aussi pour toutes les familles qui traversent cette maladie.
Tout a commencé en octobre 2025. Le diagnostic est tombé : un cancer de l’ovaire avec une carcinose péritonéale très étendue. Lors de la cœlioscopie, le chirurgien a annoncé que l’opération n’était pas possible. Dès cet instant, nous avons compris que le combat serait immense.
Les mois qui ont suivi ont été rythmés par les chimiothérapies, les espoirs, les déceptions, les examens et l’attente. Chaque fois que nous pensions apercevoir une petite lumière, la maladie reprenait le dessus. Elle est devenue dépendante très rapidement. Le symptômes étaient insupportables pour elle et à voir pour moi.
Petit à petit, j’ai mis ma propre vie entre parenthèses pour être auprès d’elle. Je ne le regretterai jamais.
J’ai voulu l’accompagner du mieux que je pouvais, être présente à chaque étape, à chaque moment difficile. J’ai passé des jours, des nuits chez elle tout en essayant de continuer mon rôle de maman que j’ai avec le recul beaucoup mis de côté durant ces mois difficiles mais je savais que le pronostic était sombre et c’était ma maman.
Puis sont arrivés les derniers jours.
Voir la personne qu’on aime perdre peu à peu le peu de force qu’il lui restait est une souffrance indescriptible. Voir son ventre gonfler à cause de l’ascite, la voir ne plus pouvoir manger, être alimentée par sonde naso-gastrique, puis ne plus pouvoir boire autrement qu’avec de l’eau gélifiée… c’est quelque chose qui marque à jamais.
Les derniers jours resteront gravés dans ma mémoire. Les perfusions, la pompe à morphine, les soins palliatifs, l’attente… puis ce long râle d’agonie qui a duré des heures.
Je lui ai tenu la main jusqu’au bout.
À 23 h 55, son cœur s’est arrêté.
Depuis ce jour, je vis avec des images qui me hantent. Son regard, sa souffrance, ses derniers instants. J’essaie d’apprendre à vivre avec cette absence immense.
Malgré toute cette douleur, une chose m’apaise : je sais qu’elle n’est pas partie seule. Jusqu’à son dernier souffle, elle était entourée de ses enfants. Nous étions là. Nous lui avons donné tout l’amour dont nous étions capables.
Aujourd’hui, il me reste son absence, les souvenirs, et la certitude d’avoir fait tout ce qui était humainement possible pour elle.
Si vous êtes en train de vivre cette épreuve avec l’un de vos proches, profitez de chaque instant. Dites-lui que vous l’aimez. Tenez-lui la main. Parlez-lui. Même quand vous pensez qu’il ou elle ne vous entend plus.
Parce qu’un jour, ce sont ces gestes-là qui resteront.
Maman…
Tu me manques chaque seconde de chaque journée.
Je t’aime. Pour toujours 🤍
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