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« Témoigner procure du sens à sa propre existence et permet à d’autres d’en tirer avantage. »
Philippe Bataille, sociologue
Accueil Témoignage Cancer du rectum à 42 ans
Atteinte d’une RCH (Rectocolite hémorragique) depuis longtemps, j’ai eu une ablation sub-totale du colon en 2017. Rien à signaler jusque-là. Fin 2023, douleurs au ventre, sang dans les selles, sueurs nocturnes intenses, pertes vaginales anormales, me voilà partie chez mon gynécologue qui n’arrive pas à m’examiner correctement. Il m’envoie aux urgences. Pas très rassurant tout ça !
Arrivée aux urgences, l’examen est presque mystérieux. Le docteur appelle une consoeur. Elles me font sortir de la pièce, me rappellent et me demandent d’aller consulter très rapidement mon chirurgien qui m’avait enlevée le colon 6 ans auparavant. Par chance j’arrive à avoir un rendez-vous une semaine plus tard. J’arrive, un peu fébrile dans son cabinet.
Après 10 secondes d’examen (oui c’est peu mais suffisant pour un diagnostic), nous retournons à son bureau et je lui demande : « alors, vous pensez à quoi ? » ce à quoi il me répond, de manière un peu froide : « TU-MEUR ! ».
Là c’est le vide, le brouillard absolu. Il me dit : « on va devoir vous hospitaliser de suite et faire tous les examens nécessaires ».
Il appelle le service de Digestif pour qu’ils me préparent une chambre. Le docteur m’accompagne jusqu’à l’étage ; heureusement car, sonnée, j’aurai pu me perdre dans l’hôpital que je connais pourtant bien.
En un week-end tous les examens étaient faits : endoscopie, IRM, scanner, prise de sang, transfusion (très grosse anémie). On n’attend pas, 3 jours plus tard, on m’opère pour me créer une stomie. Une épreuve ! Une semaine plus tard, on me pose le PAC pour recevoir la chimio.
Entre temps, les résultats tombent : cancer du rectum stade 4, mais le médecin préfère me préserver de cette nouvelle (je le découvrirai quelques mois plus tard en relisant mes comptes-rendus médicaux). Je le remercie aujourd’hui d’avoir pris cette décision.
La tumeur est très importante et n’est pas opérable. Je rencontre l’oncologue qui m’annonce que peut-être je pourrais bénéficier de l’immunothérapie, une alternative à la chimio « classique » qui est tout aussi lourde mais avec moins d’effets secondaires. C’est un soulagement. Pas de perte de cheveux, pas de nausées. Je continue même à travailler en parallèle.
Les premiers résultats sont très bons. Après 8 mois de traitement, les effets secondaires m’obligent à arrêter l’immunothérapie. L’angoisse d’arrêter. L’angoisse d’une récidive.
Le chirurgien m’annonce que la tumeur est atrophiée et que nous pouvons envisager une opération par contre, pour me sauver la vie, il m’annonce également qu’il faut tout retirer, ce qui engendre une stomie définitive à vie. Il me laisse quand même le choix de refuser mais ma décision est assez vite prise.
L’opération se passe très bien. Tout se cicatrise très bien. 3 mois plus tard, sur le plan médical, les résultats sont parfaits, sur le plan psychologique, c’est autre chose. Des douleurs physiques qui reviennent, la peur de la récidive, des crises d’angoisse qui font leur apparition.Tout va bien et pourtant, rien ne va. Je décide de revoir la psychologue qu’on m’avait proposée lors de mon hospitalisation.
Après quelques séances, je me sens apaisée. Nous sommes en 2025 et ça va beaucoup mieux même si je continue à me battre parfois contre mes angoisses.
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