Je m’appelle Sabah, j’ai 38 ans et dans le cadre d’un parcours PMA, j’effectue des examens et une mammographie m’est prescrite ainsi qu’une échographie. Lors de l’échographie une suspicion d’une masse apparaît. C’est alors que d’autres contrôles deux mois après à refaire, I.R.M. biopsie.

La date des examens approchent et la masse est toujours visible, les résultats de la biopsie tombent mais je reçois un appel de mon médecin traitant qui me dit de passer au cabinet car des résultats sont arrivés. Je me rends chez le médecin à 19h au mois de septembre 2022.

J’ai passé tout l’été à angoisser à l’idée de savoir ce que j’avais ou ce que je n’avais pas, le docteur m’annonce que j’ai un cancer du sein, un carcinome infiltrant bla-bla-bla, je pleure, je ne sais plus quoi penser ; un rendez-vous est pris par mon médecin au plus tôt à l’Oncopole.

Dans ma tête, c’est le brouillard, j’ai toujours entendu parler du Cancer, comme étant une maladie qui touchait des femmes depuis plus de 50 ans, et n’étant pas fumeuse, je n’en revenais pas de me dire que j’avais cette maladie.

Car on entend et on entend toujours que des personnes qui fument qui boivent et qui n’ont pas une hygiène de vie correcte peuvent avoir des maladies. Or ce n’était pas mon cas ! À ce moment-là, je me dis que c’est injuste, pourquoi moi qu’est-ce que j’ai fait et je pense que beaucoup de personnes ont eu ces pensées à ce moment-là !

Le parcours commence les rendez-vous s’enchaînent la biopsie, une autre biopsie pour vérifier l’autre sein, passer par la scénographie IRM et plein d’autres examens que des PTS scan ou je ne sais plus, je suis bêtement tous ces examens et ne me renseigne pas sur ce qui se dit sur Internet, ou quoi que ce soit.

J’enchaîne les rendez-vous qui sont programmés par l’Oncopole. (merci à eux) et décembre, l’opération de programmée pour une segmentectomie.

Le 22 décembre 2022, je me fais opérer alors, je ne prépare pas les fêtes et je n’ai qu’une envie c’est d’en finir avec tout ça. Opération s’est bien passée. Je me remets doucement de l’opération les douleurs, le sein qui fait mal et j’attends les résultats de savoir si ganglions en sentinelle sont touchés ou pas ; février 2023, je reçois un appel et on me dit que je vais commencer la chimiothérapie et après la chimiothérapie la radiothérapie jusqu’à septembre 2023, les rendez-vous enchaînent, mais je vous épargne que les chimiothérapies vous changent et vous mettent en vrac entre les nausées et vomissements, la sensation de métal dans la bouche, les cheveux qui tombent, le teint qui change ainsi que tous les poils du corps .

L’avantage avec la chimio et la radiothérapie c’est que l’on est épilé entièrement avec une peau de bébé. Les cheveux repoussent pendant la Radiothérapie. Et là je ressemble à un éléphant qui vient de naître avec des cheveux tout blanc, comme avec une sorte de duvet, mais bon c’est pas le plus important !

Ma peau, reprend de la couleur et je me dis que ça y est j’ai fini mais bon j’ai passé le printemps et l’été avec ces traitements et des grosses chaleurs qui ont été très insupportables.

Arrive la dernière Radiothérapie et là on se dit que ça y est c’est fini qu’on va retrouver une vie comme avant. Mais ce n’est pas le cas ; une sorte de dépression commence le corps ne suit pas, les douleurs articulaires, le manque de sommeil, la sensibilité au bruit, et on se rend compte qu’on est plus la même.

Après la Radiothérapie, on m’a dit que je devais prendre un traitement afin de bloquer mes hormones, car mon cancer est un hormono dépendant (donc que mes cellules hormonales peuvent me rendre malade). Je commence le traitement hormonal, il me dit qu’un cachet par jour ça ne peut pas être pire que les Chimio et la Radiothérapie.

Sauf que oui ça  été pire, mais ça on ne m’en n’a pas parlé car j’avais un oncologue qui n’était pas très communicatif et avec lequel je ne n’avais pas un bon contact, mais bon je me disais que le plus important est qu’il soit un bon docteur alors je vous laisse imaginer que tout ça il ne m’en n’a  même pas parlé.

Le changement d’humeur, la fatigue, l’épuisement, des douleurs au niveau des os, au niveau des genoux comme si on m’écrasait  les os, une douleur très forte au niveau de l’épaule sans cesse (avec perte de mobilité de l’épaule) une perte de mobilité au niveau du bras, des douleurs au bas du dos, une fatigue en restant en station debout, perte de mémoire, trouble de la concentration, une difficulté à me repérer dans l’espace et une évidence que je ne suis plus la même sans parler de la libido.


Et oui, la libido ; le corps change et un état hormonothérapie ce fameux médicament qui vous change le corps. Vous êtes jeunes vous paraissez  jeune, mais votre corps n’est plus le même !

Donc ce témoignage s’adresse aux personnes qui sont dans la maladie. Le plus difficile n’est pas le protocole mis en place mais la fin du protocole car le corps a changé, les traitements se sont accumulés et en ménopause. Et là je parle de cancer hormono dépendant, préparez-vous à ça car la remontée n’est pas facile, mais bon c’est propre à chacun.

Essayer de rester positive de faire le maximum qu’on peut et le plus dur est d’accepter qu’on n’est plus les mêmes, j’ai 41 ans et je n’arrive toujours pas à être mieux. J’ai des périodes où je pourrais être forte et d’autres où je suis raplapla.

J’ai pas mal échangé avec des personnes qui sont dans le même cas et grâce aux soins de supports on rencontre de belles personnes qui deviennent de supers amis. On se comprend !

J’accepte de l’aide, je fais du mieux que je peux et j’avance à un rythme différent, mais qui est le mien ! Je vous souhaite un bon courage dans cette maladie qui touche jeune et moins jeune et n’écoutez pas ce que disent les gens prenez votre temps et écouter votre corps.