Bienvenue dans le manège pour les montagnes russes, attention : pas d’arrêt prévu !

Premier diagnostic en 2019, 40 ans, je pars la fleur au fusil pour une mammographie de routine et là c’est le choc, une anomalie est trouvée, Irm et biopsie programmées, l’attente, l’annonce d’un cancer du sein hormono-dépendant :  le choc,  l’attente encore d’un RV avec le chirurgien qui tarde à m’être donné…

Je suis livrée à moi même. Puis les bilans d’extension sont ok. On m’annonce un « petit cancer » localisé (j’ai de la chance il parait, ça se soigne bien dans 9 cas sur 10) 2 tumorectomies, une mastectomie et un retrait d’ovaire plus tard je repars avec mon petit comprimé d’hormonothérapie, pas sereine du tout et encore très traumatisée par tous ces examens et chirurgies.

1 an plus tard, douleur à la hanche… Le petit cancer qui se soigne bien est revenu sur les os. Je m’effondre… Je suis dans le déni… Cette fois on me dit que je n’ai pas de chance, je suis LE cas sur 10, pas d’explications… C’est rare des récidives sous traitement pour un cancer de bon pronostic avec tous les voyants au vert. Sournois ce K…

Me voilà partie pour des séances de rayons, on me change l’hormonothérapie, on ajoute une thérapie ciblée et une injection pour les os.

Je me sens seule, isolée, incomprise malgré la présence des proches. J’aurais aimé rencontrer d’autres femmes comme moi à ce moment-là, être accompagnée et protégée.

Toujours sonnée par cette nouvelle épreuve, je reprends vite le travail, j’ai besoin de vivre comme tout le monde mais les choses ont changé, ou alors c’est moi qui ai changé, je me sens complètement déconnectée du monde qui m’entoure, l’urgence de vivre m’assaille. Je n’ai pas attendu la maladie pour en avoir conscience mais quand on touche du doigt la fragilité de notre vie, c’est un autre regard que l’on pose sur cette réalité.

Que faire avec ça ? comment se projeter, avancer ? Faire le deuil de l’insouciance, de la légèreté est difficile, on se couche et on se lève avec, jour après jour. Ce nouveau quotidien avec les traitements, les douleurs, les contrôles, les peurs…

J’ai progressivement appris à apprivoiser cette nouvelle réalité, j’ai une maladie oui mais j’ai aussi une vie, des enfants, un mari, des amis, des envies, des rêves…

Alors chaque matin, lorsque je regarde le jour se lever, avec mon petit café, je suis reconnaissante d’être là, de voir ce spectacle de la vie recommencer chaque matin, avec ce mantra qui ne me quitte pas : j’accepte le diagnostic mais pas le pronostic, je compte bien déjouer les statistiques et vieillir auprès de mon mari !

Je fonde beaucoup d’espoir dans la recherche, j’espère que des traitements novateurs permettront bientôt d’envisager de très longues rémissions et pourquoi pas des guérisons !