Le 16 mars 2018, l’année de mes 36 ans on m’a annoncé que j’étais atteinte d’un cancer du sein HER2+++ grade 3 (4 Cures de chimio, 12 immuno, opération partielle plus curage de la chaîne ganglionnaires axillaire, 30 rayons et un an d’injections sous cut : une parenthèse d’un an comme m’ont dit les médecins).  
Un tourbillon d’examens mais une plénitude qui s’est emparée de moi. Ce cancer, je le combats mais surtout il me rend solide et forte. Alors chaque jour, entourée d’amour comme jamais (mon mari, mes enfants, ma famille, mes amis, connaissances...), je deviens celle que je veux pour guérir et avancer loin.
Depuis l’annonce, j’écris, je partage sur ma page Facebook, voilà l’un de mes posts afin de montrer que la maladie peut rendre fort aussi. Avoir envie d’écrire... Besoin de dire.   Voilà, entre autre ce que le cancer nous pousse à faire. Dire, parler, expliquer... Donner de la transparence sur quelque chose que personne à part soi ne comprend. Je passe les étapes avec fierté ! Le cancer me rend modeste ! Intérieurement la maladie me rend forte, je me lève, je pense futur, je pense bataille et victoire. Et en même temps, ce petit truc qui m’accompagne au quotidien me rend paradoxale !  
J’ai envie de hurler certains jours, de dormir d’autres (ça, ça m’arrive souvent), de pleurer parfois mais surtout j’ai envie de vivre...
Plus les traitements avancent, plus l’échéance des examens s’approchent plus je fais pipi dans ma culotte ! Pourtant, l’examen clinique de mi-juillet était bon : pas de ressenti sous l’aisselle et encore une légère induration (nouveau mot à rajouter dans mon lexique) dans le sein.   Sauf, qu’un médecin même très qualifié n’a pas de rayon laser aux bouts des doigts. Alors en fait, il ne sait pas ! Enfin moi je le perçois comme ça.   Aujourd’hui j’ai ma 6ème cure de chimio ça aussi c’est bien ! Ça veut dire que ça avance. Mais tous ces jeudis bloqués, fixés, parfois c’est chiant. Parce qu’il y a aussi tous les mercredis ou mes gentilles infirmières viennent me changer mon pansement et me prendre mon sang. Et puis tous les autres rdv médicaux fixés sans qu’on ne nous demande si on est libre ! En fait en tant que malade on l’est forcément ! Ce rythme qui cannibalise tout un emploi du temps, il faut l’apprivoiser aussi et le gérer.   Mais au-delà de tout, la maladie me rend forte, battante mais parfois j’en ai plein le cul ! J’ai envie de balayer tout ça, de prendre un sac à dos, d’y mettre mon homme et mes enfants et de me barrer loin, très loin... Mais je ne peux pas, puisque je veux guérir et ne plus jamais avoir à faire face à cette merde.  
En fait, le cancer c’est aussi un truc qui te fait partir dans tous les sens au niveau des pensées, des envies mais qui te centre sur une chose : LA VIE, et ce besoin irrépressible de t’y accrocher à fond.
Alors, on continue d’y croire, de rire (ça c’est très très important pour soi et pour les autres !) de faire des projets, de demander à son homme s'il veut nous épouser une nouvelle fois (il a dit oui !), d’aimer ses enfants et de croquer dans chaque minute de chaque nouvelle journée qui s’offre à nous, à moi...