3 ans…

Le plus dur, ce n’est pas cette période de combat contre la maladie, parce qu’on a toute une « armée » derrière nous : la famille, les amis, les médecins, les infirmières, les aides soignantes, les kinés, les clients fidèles, les collègues, les fournisseurs, les instits, les inconnus…

Le plus dur, c’est la reconstruction. Le plus dur, c’est d’essayer de reprendre le cours « normal » de sa vie. Je dis bien « d’essayer » parce que notre vie change pour toujours.

Repartir avec un traitement quotidien pendant 7 ans (mais dans 7 ans rien n’empêchera une récidive), avec tous les symptômes « sympa » de la ménopause, on se lève avec des douleurs aux articulations avec cette impression d’avoir 100 ans. Et aller bosser quand on s’est réveillée toutes les 2 heures à cause des bouffées de chaleur qui nous harcèlent toute la journée. Quand la concentration n’est plus la même (difficile en rdv client) et les mots jouent à cache-cache, que tu ne peux plus sortir la carte cancer. « Tu es guérie, ça va maintenant ».

Quand ton sein opéré se fige parce que tu fais un travail physique, quand tu as des cordes lymphatiques qui te lancent dans les bras à n’importe quel moment pendant des durées indéterminées. Quand tu t’imagines repartir avec une magnifique poitrine mais que tu n’arrives plus à regarder ton corps changé, avec des cicatrices, que tu n’es pas satisfaite du résultat malgré les différentes opérations et arrêts de travail avec des bleus et des douleurs énormes. Quand tu dois te rendre régulièrement à tes rdv de contrôle qui te stressent l’air de rien.

Quand tu plaques ce qui te freine désormais dans la vie mais malgré tout tu ne peux toujours pas avancer plus vite… et qu’il faut quand même tenir bon parce que ton fils compte sur toi.

Voilà. Je suis guérie, ça va maintenant.