J’avais accouché deux mois plus tôt.
Deux mois.
Mon corps n’avait même pas fini de guérir,
que je devais déjà me battre pour rester en vie.

À 25 ans, au lieu de vivre mon post-partum,
on m’a annoncé une leucémie
et on m’a enfermée en chambre stérile,
loin de mes enfants,
le ventre encore marqué par l’accouchement
et les bras vides.

Mes cheveux sont tombés alors que mon bébé apprenait à tenir sa tête,
et je me suis retrouvée jeune, mère,
et déjà considérée comme “malade grave”
alors que je venais à peine de donner la vie.

On m’a isolée trois fois un mois,
à un âge où on devrait apprendre à vivre,
pas à survivre.

J’ai tenu, pas par force,
mais parce que deux enfants m’attendaient,
et je refusais qu’ils grandissent sans mère.

Parce que j’avais donné la vie,
et je n’étais pas prête à perdre la mienne