J’ai été diagnostiquée en février 2023 d’un cancer agressif HER2+++ du sein gauche.

Le choc de l’annonce a 39 ans ! À ce moment-là, je suis maman de deux garçons de 9 et 11 ans.

Ce diagnostic vient jeter un voile sombre sur ma famille. Je me vois déjà laisser mon mari seul et mes enfants grandir sans l’amour et les câlins de leur maman. Un crève cœur ! Que la vie est injuste !

Après la phase de tristesse vient celle du combat accompagnée de son lot de culpabilité. Je n’arrive pas à accepter que mes enfants soient obligés de subir ces terribles moments de voir leur maman malade, sans cheveux, en mode zombie après les chimios.

Je m’en veux et j’en veux à la vie de leur enlever cette part d’innocence si précieuse à mes yeux. Et puis je n’ai plus le choix, je dois me concentrer sur les traitements, sur ma guérison si je veux faire un pied de nez à la maladie.

Au fil des jours de traitements, je me bats et je me rends compte que mes garçons ont une force incroyable et que leur optimisme apporte beaucoup d’espoir dans l’avenir.

En fin de compte, leur vision est différente de la mienne. Eux ont toujours pensé que j’allais vaincre la maladie. Il leur était inconcevable que ça ne soit pas le cas. Alors oui ils ont eu des moments de tristesse, de colère, de peur, d’incompréhension mais ils n’ont rien lâché et leur insouciance nous a permis de tenir le cap et d’avancer.

Et quand est arrivé le moment de la rémission, l’annonce que les traitements ont fonctionné, ce voile sombre s’est levé et nos cœurs sont devenus plus légers.

Le quotidien ou plutôt la vie a repris son cours. Les enfants ont cette faculté de laisser derrière eux les moments sombres pour profiter des moments présents et à venir.

Aujourd’hui le chemin est encore long avec les chirurgies de reconstruction mammaire, certaines inquiétudes refont surface par moment, mais une chose est sûre, c’est qu’être maman au moment du diagnostic m’a donné beaucoup de force. Car même si les sentiments de culpabilité, de peur et d’injustice sont les premiers ressentis, c’est grâce à l’amour et à la force de mes enfants, de mon mari et de mes proches, que j’ai trouvé le courage de me battre et de tenir le coup dans les moments les plus difficiles. Je me suis battue pour moi mais surtout pour eux !

Ma famille est mon ancrage.

« On ne lâche rien »