Je m’appelle Valérie, j’ai 56 ans, et aujourd’hui je prends la parole parce que je sais que ce témoignage peut, peut-être, aider une femme à se faire dépister plus tôt.

Le 16 décembre 2023, on m’a diagnostiqué un cancer des ovaires, stade 3, avec des métastases au péritoine. Et ce que je veux dire tout de suite : je n’avais aucun symptôme.

Pas de saignements. Pas de douleurs. Pas de fatigue. Pas d’amaigrissement. Je travaillais normalement, tout allait bien.

J’étais même dans une période de vie plutôt douce : j’avais rencontré un nouveau compagnon, je reconstruisais quelque chose avec mes fils… Après avoir perdu mon mari d’un cancer des reins il y a quelques années, je savourais enfin ce nouveau départ.

Et il faut aussi que je le dise : mes deux parents sont eux aussi décédés d’un cancer. Ma mère d’un cancer du rectum, mon père d’un cancer de la vessie.

Avec cet historique familial très lourd, j’ai donc dû réaliser un test génétique. Les résultats sont revenus totalement négatifs : ce cancer n’est pas génétique. Comme quoi, même sans prédisposition génétique identifiée, cela peut arriver.

Et puis un jour, un seul signe : j’ai senti mon ventre un peu ballonné. Rien de spectaculaire. Mais j’ai écouté mon corps et j’ai appelé ma gynécologue.

Elle m’a prescrit une prise de sang très complète. Elle m’a ensuite appelée en me demandant de venir la voir : le marqueur CA125 était très élevé. Elle m’a fait une échographie au cabinet… et là, malgré l’absence totale de symptômes, elle a vu une tumeur de plus de 10 cm.

IRM, scanner en urgence. Le verdict est tombé : cancer de l’ovaire avec atteinte du péritoine.

Le parcours a alors commencé  en urgence :

  • une première opération (ovaires et utérus)
  • 3 chimiothérapies
  • une réopération du péritoine pour retirer les métastases (j’ai eu la chance que ce soit opérable)
  • puis à nouveau 3 chimiothérapies.

J’ai ensuite eu environ un an de tranquillité. Et là encore, sans aucun symptôme, une récidive au péritoine, opérable à son tour en juin 2025, suivie d’une reprise de 6 chimiothérapies en septembre. Aujourd’hui, j’arrive à la 6ᵉ, les résultats sont plutôt encourageants.

Si je raconte tout cela, ce n’est pas pour faire peur. C’est pour dire une chose essentielle :

👉 le cancer de l’ovaire existe, et il peut être totalement silencieux.

Alors s’il vous plaît :

  • faites-vous suivre régulièrement
  • allez chez votre gynécologue, même quand tout va bien
  • écoutez votre corps, même pour un changement minime
  • si vous avez un doute, une inquiétude, ou une histoire familiale chargée : osez demander des examens (prise de sang, imagerie, contrôles approfondis).

On se dit souvent “ce n’est rien”. Parfois, c’est vrai. Mais parfois, ça vaut la peine de vérifier.

Je vous embrasse fort, et j’envoie tout mon courage à celles qui se battent, à celles qui doutent, et à ceux et celles qui accompagnent.

Valérie