Mieux vivre la maladie chronique
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« Témoigner procure du sens à sa propre existence et permet à d’autres d’en tirer avantage. »
Philippe Bataille, sociologue
Accueil Témoignage Comment aider un proche
Je dois aider un proche atteint du cancer. Quelles sont les choses à faire, à ne pas faire ?
Doit-on le stimuler ou le laisser se reposer après une chimio ?
Quelles sont les maladresses à éviter ?
J’ai quelques idées mais je ne souhaite pas faire d impair.
Merci pour vos conseils.
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Bonsoir,
Votre message me touche parce que j’ai moi-même été de l’autre côté : j’ai accompagné ma maman pendant 8 mois dans son combat contre le cancer, jusqu’à ses derniers moments.
Je suis également une professionnelle de santé, et si mon expérience peut vous éviter certaines maladresses et vous aider à accompagner votre proche, alors je veux bien vous partager ce que j’ai appris lorsque ça arrive à quelqu’un de proche .
La première chose que j’ai comprise, c’est qu’il faut essayer de ne pas décider à la place de la personne malade de ce dont elle a besoin. Certains jours elle aura envie de parler, de sortir, de rire, de faire quelque chose. D’autres jours, elle voudra simplement dormir et ne voir personne. Il faut pouvoir accepter les deux.
Après les chimiothérapies, je pense qu’il faut surtout écouter son corps. Si elle est épuisée, laissez-la dormir et récupérer. Si elle a envie de bouger un peu, proposez sans jamais imposer. Même une petite promenade, quelques minutes dehors ou simplement prendre l’air peuvent faire du bien certains jours. Mais il ne faut surtout pas culpabiliser quelqu’un parce qu’il « ne fait rien ».
Évitez aussi les phrases comme « il faut être fort », « il faut se battre ou il faut manger», « pense positif » ou « tu vas forcément t’en sortir ». Même lorsqu’elles partent d’une bonne intention, elles peuvent être très lourdes à porter pour quelqu’un qui a peur ou qui est épuisé.
Parfois, la meilleure chose que vous pourrez dire sera simplement : « Je suis là. Tu n’as pas besoin de faire semblant avec moi. »
Et surtout, ne cherchez pas toujours à trouver une solution. Écouter sans essayer de réparer, c’est déjà énormément.
Dans mon cas, j’ai été très présente pour ma maman dans les gestes du quotidien, les rendez-vous, les moments d’angoisse, les jours et les nuits difficiles… mais surtout de respecter ses envies et son rythme. J’ai appris à observer les petits signes : quand elle avait besoin de parler, quand elle avait besoin de calme, quand elle avait simplement besoin que je reste près d’elle.
Je vous conseille également de ne pas oublier votre proche en tant que personne. La maladie prend tellement de place qu’il est parfois bon de continuer à parler d’autre chose : les souvenirs, les enfants, les vacances, une série, une anecdote… tout ce qui rappelle qu’il y a encore une vie en dehors du cancer.
Et puis il y aura probablement des moments où vous ne saurez plus quoi faire. C’est normal. Vous aurez peur, vous serez impuissant(e), parfois épuisé(e). Vous aurez peut-être envie de pleurer alors que vous essayerez de rester fort(e) devant elle. Ne culpabilisez pas pour cela.
J’ai accompagné ma maman jusqu’au bout et, même si aujourd’hui son absence est une douleur immense, je suis reconnaissante d’avoir été là. Avec le recul, je crois que je n’avais pas besoin de trouver les mots parfaits ni de faire des choses extraordinaires.
J’avais simplement besoin d’être là.
Alors soyez là. Écoutez. Observez. Respectez son rythme. Proposez sans imposer. Aidez sans infantiliser. Et surtout, faites-lui sentir qu’elle peut être malade avec vous sans avoir besoin de cacher ses peurs.
Et lorsque vous ne saurez pas quoi faire, vous pouvez toujours lui demander tout simplement : « De quoi as-tu besoin aujourd’hui ? »
Parfois, c’est la meilleure réponse que l’on puisse apporter. 🤍
Je vous souhaite beaucoup de courage pour ce chemin qui commence. Prenez soin de votre proche, mais pensez aussi à prendre soin de vous. Vous allez être importante pour elle, mais vous n’avez pas à porter tout cela seule. J’ai tentée de le faire mais aujourd’hui il m’est justement très dur de remonter la pente…
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