Mieux vivre la maladie chronique
M'informer, Me retrouver
Mon parcours personnalisé
Suivez-nous !
Partagez votre vécu à votre manière, par un texte, une image, une vidéo !
« Témoigner procure du sens à sa propre existence et permet à d’autres d’en tirer avantage. »
Philippe Bataille, sociologue
Accueil Témoignage Ma maman vit seule, je me sens dépassée
On vient de diagnostiquer un cancer de l’endomètre et du péritoine à ma maman (stade 4b il me semble).
Je suis dévastée. Elle va commencer de la chimio et de l’immuno la semaine prochaine. Elle aura 9 séances puis un scanner pour voir si opération possible puis de nouveau 9 séances.
Elle a choisi un traitement hebdomadaire avec le casque afin de peut-être ne pas perdre ses cheveux.
Ma maman vit seule, je suis sa fille unique et j’ai un bébé de 5 mois.
Elle vit au 8e étage et je suis claustrophobe. Je me sens dépassée par tout ça. Puis-je avoir vos expériences svp ?
Merci.
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *
Votre commentaire
Nom
Email
Enregistrer mon nom, mon e-mail et mon site dans le navigateur pour mon prochain commentaire.
Ce site est protégé par reCAPTCHA et la Politique de confidentialité, ainsi que les Conditions de service Google s’appliquent.
Bonjour,
Votre témoignage me touche énormément, parce que je me reconnais dans beaucoup de choses que vous écrivez. J’ai moi aussi accompagné ma maman dans son combat contre un cancer, et je sais à quel point l’annonce peut donner l’impression que le sol s’effondre sous nos pieds.
La première chose que j’aimerais vous dire, c’est : respirez. Vous n’avez pas besoin de savoir aujourd’hui comment vous allez gérer les 18 séances, les scanners, une éventuelle opération et tout le reste. Prenez les choses une étape après l’autre.
J’étais moi aussi très présente auprès de ma maman. J’ai accompagné les traitements, les hospitalisations, les moments d’espoir et ceux beaucoup plus difficiles, jusqu’à ses derniers jours. Cette expérience m’a appris quelque chose que j’aurais aimé comprendre dès le début : on ne peut pas être à la fois la fille, l’aidante, l’infirmière, la psychologue et la personne qui gère toute la maladie.
Et vous avez un bébé de 5 mois. Vous devez aussi vous préserver et préserver votre petite famille. Demander de l’aide n’est pas abandonner votre maman. Au contraire.
N’hésitez pas à demander très tôt à l’équipe d’oncologie ce qui peut être mis en place autour d’elle : infirmière à domicile si nécessaire, aide à domicile, transport, accompagnement social, soutien psychologique… Il existe des dispositifs pour les patients et leurs proches. Ne restez surtout pas seule avec toute cette organisation.
Pour votre maman, essayez surtout d’être sa fille. Soyez présente, écoutez-la, accompagnez-la quand vous pouvez, mais laissez aussi les soignants prendre leur place.
Il y aura probablement des jours où elle sera épuisée et où elle aura simplement besoin de dormir. D’autres où elle aura envie de parler, de sortir, de rire ou de faire comme si le cancer n’existait pas. Suivez son rythme. Ne cherchez pas à être constamment derrière elle.
Et surtout, ne vous mettez pas la pression pour trouver les bons mots. Vous n’aurez pas toujours besoin de parler. Parfois, être simplement assise à côté d’elle, lui tenir la main ou lui dire « je suis là » sera largement suffisant.
Je comprends aussi votre peur concernant le casque et les cheveux. Ma maman avait elle aussi vécu tout ce bouleversement autour des traitements et de son image. On s’accroche parfois à de petites choses parce qu’elles représentent tellement plus : garder ses cheveux, continuer à se reconnaître dans le miroir, conserver un peu de normalité. Alors laissez-la espérer et essayez de ne pas lui enlever ces petits espoirs, même si vous avez peur.
Et concernant le 8e étage et votre claustrophobie : ne culpabilisez surtout pas. Votre phobie n’enlève rien à votre amour pour votre maman. Cherchez simplement des solutions pratiques pour que vous puissiez être présente sans vous mettre vous-même en difficulté.
Je voudrais aussi vous dire quelque chose d’important : ne vivez pas déjà la fin alors que le traitement commence à peine. Je sais que c’est extrêmement difficile. Quand on entend « stade 4 », notre cerveau imagine immédiatement le pire. Mais chaque cancer, chaque personne et chaque réponse au traitement sont différents. Laissez les médecins vous parler de SON cas, de SES résultats et de SON évolution.
Mon histoire avec ma maman a malheureusement été très difficile et elle nous a quittés. Mais son histoire n’est pas la vôtre. Je ne voudrais surtout pas que mon expérience vous fasse imaginer la même issue.
Aujourd’hui, votre maman commence un traitement. Alors accrochez-vous à la prochaine étape, pas à toutes celles qui viennent après.
Et surtout, gardez votre bébé contre vous. Continuez à vivre aussi les petits moments heureux avec lui. Vous avez le droit de rire, de profiter, de sortir, de penser à autre chose. Vous n’êtes pas une mauvaise fille lorsque vous ne pensez pas au cancer pendant quelques heures.
Vous êtes sa fille. Vous l’aimez. Vous allez faire de votre mieux.
Et parfois, faire de son mieux, c’est déjà énormément. 🤍
Je vous souhaite sincèrement beaucoup de courage à toutes les deux. Et si vous avez besoin de parler à quelqu’un qui est passé par l’accompagnement d’une maman malade, n’hésitez pas à m’écrire.
Je confirme ma demande de contact de l’auteur en transmettant mon prénom/pseudo, ainsi que mon adresse e-mail.