En octobre 2017, on m’a diagnostiqué un cancer du bas rectum. J’ai suivi scrupuleusement toutes les recommandations médicales : 23 séances de radiothérapie, accompagnées d’une chimiothérapie quotidienne, sauf les week-ends. Ensuite, j’ai été opérée, et à l’issue de cette intervention, on m’a posé une iléostomie. Cette stomie devait être temporaire, prévue pour trois mois. Malheureusement, en raison de complications, notamment des fistules, je l’ai gardée pendant un an.

Lorsque la continuité a été rétablie, je pensais naïvement retrouver une vie normale. Mais la réalité m’a vite rattrapée : une fistule recto-vaginale et une sténose sont survenues. J’ai dû être réopérée en urgence, et cette fois, je me suis retrouvée avec une colostomie… Une stomie devenue définitive, avec laquelle je vis depuis huit ans.

À cette époque, ce dont j’avais le plus besoin, c’était d’un véritable soutien psychologique. Je l’ai trouvé grâce à l’association Dar Zhor, un lieu d’écoute bienveillante, sans jugement, où j’ai été accompagnée dans l’acceptation de cette nouvelle réalité. C’est au sein de cette association que j’ai retrouvé la force, le courage et surtout l’espoir.

Ce cheminement m’a menée à suivre une formation de patiente partenaire en cancérologie. Aujourd’hui, je suis engagée à mon tour : j’accompagne les personnes stomisées, je leur transmets les gestes essentiels pour bien entretenir leur stomie, mais aussi les clés pour apprendre à vivre avec, à retrouver confiance en soi et dignité.

Je suis également patiente référente de l’Union des Stomisées Sans Frontières, et je milite activement pour une meilleure reconnaissance et prise en charge des personnes vivant avec une stomie.