Je m’appelle Manon, j’ai tout juste 30 ans, et en février 2025, ma vie a basculé : on m’a diagnostiqué un cancer du sein.

Depuis plusieurs mois, je ressentais dans mon sein gauche comme des décharges électriques, surtout pendant mes cycles. J’ai cru, naïvement, que c’était hormonal. Mais un jour, la douleur a pris toute la place. Une plaque épaisse s’est mise à grossir, jour après jour. Tout s’est alors enchaîné très vite. Le 28 février 2025, le verdict est tombé : un cancer du sein hormonal, grade 3, très agressif.

Ma première pensée a été pour mon petit garçon. Il avait seulement 4 ans… Comment pouvait-il grandir sans sa maman ? Mais très vite, ma combativité a repris le dessus. Je suis de nature résiliente, déterminée, et j’ai repris les rênes du destin qui m’était imposé.

Aujourd’hui, je souhaite témoigner. Témoigner de l’histoire d’une femme de 30 ans, atteinte d’un cancer, mais pleine de vie, sportive, rieuse, joyeuse. Le cancer n’a pas bouleversé ma vie, il m’a appris à l’habiter autrement.

J’ai accepté qu’il y ait des jours avec et des jours sans. J’ai appris à accueillir la fatigue, la douleur parfois, mais aussi à savourer les instants de joie, avec encore plus d’intensité.

Je dis souvent que le cancer m’a finalement plus apporté qu’il ne m’a enlevé. Il m’a forcée à me rencontrer, à me découvrir, à m’aimer. Il m’a permis de vivre ma vie pleinement, d’en ressentir chaque seconde avec une intensité rare. Le cancer ne m’a pas volé ma vie : il en fait désormais partie.

La Manon d’avant était timide, trop effacée, presque désolée d’exister. Le cancer m’a appris à vivre pour moi. À être moi.

Mon combat aujourd’hui, c’est de montrer qu’une femme malade peut être exactement celle qu’elle souhaite être. Qu’on peut traverser un cancer et se sentir belle, même chauve, même sans sein. Qu’on peut être féminine, forte, désirable, même dans la maladie.

Qu’on n’est pas obligée de souffrir chaque jour pour exister avec un cancer : on peut aussi apprendre à bien le vivre, à honorer son corps pour ce qu’il accomplit.

Ma chance à moi, c’est d’être en vie. Alors chaque jour, je choisis de célébrer mon corps, mon souffle, mon chemin. Chaque jour, j’honore la vie.