Guérir c’est choisir de vivre, ces quelques mots sont arrivés dans ma tête depuis le jour de l’annonce de mon cancer. Cette annonce tellement brutale, tellement rapide, tellement dure. La médecin des urgences qui m’annonce en 5 min, entre deux portes qu’elle aimerait bien qu’on lui dise la vérité si elle était dans mon cas, j’écoute abasourdie et je refuse de la croire. Je me dis qu’elle se trompe, qu’elle n’a pas tous les éléments en main pour m’annoncer que l’on vient de découvrir que j’avais un cancer des ovaires très agressif et que ma vie va changer.

Je ne veux pas que ma vie change, j’aime ma vie exactement comme elle est. Une vie remplie de joie, d’amour et de voyages. Une vie à droite et à gauche un pied entre la Polynésie, la France et le Japon.
Mes enfants étudiants, beaux en dedans comme en dehors, mes enfants que je veux voir vivre et voir évoluer. Un restaurant café sur une île tropicale, un restaurant au Japon, je suis chef, je cuisine depuis toujours, je ne peux pas être malade, pas moi.

La douleur qui s’incruste en moi, mon corps que je ne reconnais plus, comment gérer l’hôpital, les soins, les odeurs, les plateaux repas, moi qui n’ai jamais mi les pieds dans un hôpital sinon pour accoucher.

La chimio qui débute avec sa liste d’effets indésirables qui me semble insurmontable, la tête des amis qui viennent me voir, les regards qui ressemblent à de la pitié. J’accepte tout, je retrouve le sourire avec la morphine qui m’empêche d’avoir trop mal, j’accepte et je choisis de vivre. Je me renseigne sur le traitement, je lis beaucoup et dans plusieurs langues, le cancer n’est pas traité de la même manière suivant les pays. Je mets en place mon propre protocole, ma propre survie.

Cela fait maintenant 5 mois que j’ai choisi de vivre et que mon optimisme et ma force me portent dans ce combat.