Perdre ses cheveux n’a pas été le plus difficile dans ce combat.

On ne voit que le physique, c’est la seule chose que l’on laisse paraître effectivement.

Notre image toujours notre image…

Ce sont les valeurs d’une personne qui comptent et ça, la chimio, ne nous le prend pas .

Elle prend le reste, notre force, parfois notre dignité, nos envies, nos craintes,  éveille nos pires peurs…

On n’est plus rien, plus rien ne nous appartient sauf notre esprit qui est en première ligne pour se prendre de plein fouet toutes ces émotions qui pèsent en nous.

Rien ni personne ne peut comprendre ce que c’est que ces odeurs, ce goût de métal, ses errances, ses angoisses, le vide, la solitude… qui restent en nous à jamais gravés.

Puis, vient l’opération.

La veille  :

« Demain, je met un pas dans le vide.

Rien ne sera plus jamais pareil.

On m’enlève une partie de moi, une partie de mon corps, de ma féminité, de mon intimité.

Cette mutilation de ma chair chaotique à mon corps m’angoisse, certes peut-être pour de mauvaises raisons, puisque cela doit me sauver la vie.

Pourtant, je suis terrorisée, apeurée par cette nouvelle étape.

Je me sens si seule.

Quelle est ma Priorité ?

Vivre ?…

Ma positivité a déserté ces derniers temps. Elle m’a littéralement tourné le dos.

Mes yeux s’ouvrent, j’ai besoin d’aller de l’avant.

Je n’ai ni passion ni talent mais j’ai du courage.

Enfin, j’en avais.

Il a disparu ces dernières années mais je sais que je l’avais.

Je dois le retrouver, me retrouver et être capitaine de mon destin.

Je veux sourire de nouveau et rire.

Demain, je mets un pas dans le vide. »