Mieux vivre la maladie chronique
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« Témoigner procure du sens à sa propre existence et permet à d’autres d’en tirer avantage. »
Philippe Bataille, sociologue
Accueil Témoignage Ce n'est pas la chute qui définit l'issue, c'est ce que l'on fait juste après…
Sept mois séparent ces 2 photos..
La première est ma nouvelle photo professionnelle après l’annonce de cessation de paiement de mon employeur. Période de flou, pas de salaires, licenciement économique en perspective, arrêt brutal des projets, faut que je bouge, j’ai l’impression de toucher le fond, le chômage je connais pas, j’ai toujours bossé, j’appréhende la période à venir.
C’était sans savoir que je n’avais pas encore touché le fond, que la chute allait être vertigineuse, qu’un mois après, tout allait s’enchaîner, qu’une petite boule sous l’aisselle allait m’entraîner dans un tourbillon de rendez-vous mammographie, échographie, biopsie et paf : cancer du sein triple négatif avec atteinte ganglionnaire mais encore localisé, faut pas traîner !!
« Va falloir mettre votre vie entre parenthèses pendant au moins 12 mois – me dit l’oncologue le 23 décembre 2024… – Profitez des fêtes ( ?!), on démarre le protocole de soin en janvier » …
Impression de passer sous un rouleau compresseur, pourquoi moi ? Pourquoi maintenant? Coup de frein brutal et violent !
La famille, les amis sont là, atterrés mais présents. Après 10 jours de sidération, l’agenda se précise, je fais ce que je sais faire de mieux : je mets en mode projet : objectifs, moyens, livrables. Planning sur 15 mois. Les 6 premiers mois sont les pires, les chimios hebdomadaires puis toutes les 3 semaines, la perte des cheveux, des sourcils, des cils, supporter sa nouvelle apparence.
Gérer l’imbroglio administratif d’une prévoyance qui refuse d’activer les garanties du contrat collectif. J’apprends à mes dépens que la précarité est aussi une composante de la maladie. Je perds 70% de mes revenus mensuels malgré un contrat de prévoyance actif et un arrêt maladie antérieur au licenciement économique. Obligée de prendre un avocat pour défendre mes droits. Les enfants, étudiants, reviennent vivre à la maison.
Suis-je résiliente ? Non, je suis en mode combat par obligation.
Je découvre cependant un écosystème d’une bienveillance absolue, des associations présentes, des interlocuteurs à l’écoute que ce soit pour les questions juridiques ou pour l’accès aux soins de support bien être ( la ligue contre le cancer, Rose up, les ateliers santé, de sport adapté..). J’ai la chance de vivre dans la Métropole de Lyon et d’avoir pu faire partie de l’Institut du Sein Ouest Lyonnais ( ISOLY).
La route est encore longue mais le chemin est riche en rencontres. Je ne connais pas encore la fin de cette aventure mais je sais déjà que j’en sortirai plus forte.
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